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72. Lc 3,10-18, III Dimanche de l'Avent, C, Réflexion 2021

Sœurs et Frères

    Chaque fois, quand je prépare ma petite réflexion, je dois faire un choix parmi des pistes à commenter, même quand il s’agit du seul texte de l’évangile du Dimanche. Et c’est évidemment le cas de celui de ce jour qui nous ouvre de nombreuses voies. Il est probable aussi que dans l’homélie d’autres prêtres qui ont commenté ce texte biblique, vous ayez déjà fait personnellement certaines découvertes. Mais, même si je me répète, vous allez, quand même, lire ma modeste réflexion, n’est-ce pas ? – sourire.

     Aujourd’hui, notre méditation portera sur un extrait de l’Évangile selon Saint Luc, comme nous le faisons chaque année liturgique « C ». La semaine dernière nous avons découvert ensemble la vocation prophétique de Jean le Baptiste qui proclamait un baptême de conversion en vue du pardon des péchés (il ne s’agissait pas du baptême dans le sens actuel du terme, c’était plutôt une sorte de rite de l’eau, des ablutions). Jean le Baptiste nous a invité à entrer sur le chemin d’une transformation de notre moi profond, qui doit se manifester par un changement de comportement. Donc, au cours de mon homélie à l’église (ma réflexion une fois écrite, s’améliore encore, et en conséquence, quelques fois je ne dis pas ce que j’ai écrit), j’ai dit que le chemin de la conversion commence par le désir de se détourner du mal. C’est évident pour nous tous.

   Ce Dimanche, Jean le Baptiste propose à ses auditeurs d’avancer encore sur le chemin de leur conversion personnelle. Il leur demande d’entrer sur le chemin du partage. A ceux qui « vinrent aussi pour être baptisés », il ne demande pas de quitter leurs postes, même quand il s’agit des publicains qui ont pourtant collaboré avec les occupants Romains. Jean le Baptiste les exhorte à ne pas profiter de leurs fonctions pour blesser les autres.

Mais cet évangile nous apporte aussi la preuve que les auditeurs de Jean le Baptiste sont vraiment entrés sur la voie de la transformation de leur propre vie. Et pas seulement à l’égard de Dieu mais aussi à l’égard d’autrui. Ils lui demandent : « Que devons-nous faire ? ». Cette question nous montre que, quand quelqu’un veut vraiment changer sa vie, il s’ouvre et écoute les gens qui pourraient l’aider. Il ne lui suffit pas de se détourner du mal ; il veut cheminer sur la voie où règnent la justice et le souci de l’autre. Certes, il ne s’agit pas de devenir quelqu’un « d’extraordinaire ». Les fruits de ma propre transformation peuvent se manifester là où je vis, dans des actions relevant du simple quotidien de ma vie.

     Pour bien terminer ma modeste réflexion, je dirai que cet évangile porte encore une leçon pour nous tous, pour notre société d’aujourd’hui. Quand beaucoup de gens, et ses propres disciples, se sont demandés si Jean le Baptiste était le Messie, celui-ci l’a nié avec véhémence (voir Ac 13, 25 ; Jn 1, 19-20 ; 3, 28). Il savait en effet où était sa place et qui il était vraiment - « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales ». Et pourtant c’est Lui, le Christ, qui a dit que « parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste » (cf Mt 11, 11).

     J’ai l’impression quelquefois, qu’aujourd’hui les gens ne sont pas heureux parce que, tout simplement, ils ne sont pas à « leur place » (ils choisissent le métier qui leur rapportera de l’argent ; ils se lancent dans la course au superflu pour être comme les autres ou mieux encore ; ils fréquentent tous les réseaux internet possibles (Facebook, Instagram, YouTube, etc.) pour être « visibles ». Et j’ai parfois le sentiment que certains ne savent pas qui ils sont eux-mêmes. Jean le Baptiste savait qui il était, et c’est la raison pour laquelle le monde, et ce qu’il en attendait, ne pouvait pas le perturber. Il avait, si je puis le dire ainsi, son « centre de gravité » en lui. C’est ce même « centre de gravité » que nous attendons tous – le Messie, Jésus le Christ.

Dimanche de Gaudete, le dimanche de la joie à tous,

Votre frère Bogdan