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 43. Jn 20,19-31, II Dimanche de Pâques, B, Réflexion 2021

Sœurs et Frères

Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité, Alléluia …

     Aujourd’hui ensemble, nous célébrons dans l’Église catholique le deuxième Dimanche de Pâques qui s’appelle ainsi « Dimanche de la Divine Miséricorde ». À cette occasion nous avons toujours à méditer le même évangile selon saint Jean. Ce récit me touche toujours et m’impressionne quand je le lis. Pourquoi ?
     Le Christ ressuscité vient chez ses disciples, qui sont complètement écrasés par ce qui est arrivé à leur Maître et paralysés par la peur pour leur vie (les portes de la maison où ils se trouvent sont bien verrouillées). Et ces hommes, qui ne pensent pas bouger du tout, qui sont concentrés sur leur survie, Jésus les envoie en mission : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ». Jésus semble ne pas prendre la mesure de l’état d’esprit dans lequel se trouvent les Apôtres. Et, en plus, Il leur confie une mission. À eux, qui l’ont abandonné et qui ont même nié avoir fait sa connaissance (comme l’a fait Pierre). Dans ce contexte nous ne sommes pas surpris que Jésus soit venu vers les siens avec le don de la paix (la salutation trois fois répétée dans notre scène !). Le don incroyable promis déjà par Lui - « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jn 14, 27). Les disciples du Christ ont dû croire que leur Maître était vivant et découvrir, chacun personnellement, la joie de sa résurrection (Thomas n’était pas avec les autres et dût faire sa propre démarche vers le Christ ressuscité). Jésus n’a rien reproché à ses disciples. Il est mort pour leurs péchés, leur infidélité, leur trahison. Il leur a déjà pardonné. Maintenant, malgré les portes verrouillées de leur maison et de leurs cœurs, Il est venu pour les remettre à la vie. C’est la raison pour laquelle dans notre texte nous trouvons un mot grec, qui se trouve une seule fois dans le Nouveau Testament. Ce mot, c’est « emfysao », ce que nous traduisons par « souffla sur eux » (verset 22). Ce verbe grec évoque la première création de l’homme. Comme Dieu créa l’homme, Il « insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant » (Genèse 2, 7). Donc cela nous montre dans quel état étaient les Apôtres – ils devaient passer de la mort à la vie, même si physiquement ils étaient en vie. Ils devaient renaître de l’Esprit de la Résurrection qui avait déjà ressuscité leur Maître.

      Le Christ les envoie en mission précise de pardon en respectant leur liberté - « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ». C’est impressionnant parce que c’est quelque chose qui est tout à fait dans leur capacités et les nôtres aussi. On peut interpréter cette phrase de plusieurs façons (voir la note pour le verset 23 sous le texte*). Au sein de la mission, Jésus met la possibilité de la rémission ou de la maintenance des péchés. Pour moi elle parle de pardon. Mais pourquoi le pardon est-il si important ? Parce que c’est la guérison du cœur, de la vie de quelqu’un et de la mienne. Dans le manque de pardon, il y quelque chose d’exclusion, de rejet. Le pardon, c’est un chemin vers la libération du cœur de quelqu’un qui l’offre et de la personne qui l’accueille. Et à l’inverse, le manque de pardon peut « verrouiller » pas seulement les portes de la maison mais surtout les portes de deux cœurs (de quelqu’un qui ne veut pas pardonner et de la personne qui ne veut pas accueillir le pardon). Le pardon, c’est le pas indispensable pour la « résurrection » de quelqu’un, la retrouvaille du souffle d’une nouvelle vie. Et, dans ce dimanche de la miséricorde divine, nous pourrions dire que le pardon, la « rémission des péchés » c’est un acte de la miséricorde envers quelqu’un qui ne le mérite pas. La démarche pour offrir le pardon et l’accueillir n’est pas évidente pour chacun de nous, mais c’est toujours plus facile quand nous nous rendons compte que Dieu nous pardonne gratuitement et généreusement toutes nos fautes envers Lui et notre prochain.

      Sœurs et Frères, bientôt nous serons tous vaccinés, ce qui nous permettra de retrouver notre vie « normale », sociale et économique. Nous en serons tous bien contents. Mais est-ce que cela me permettra de retrouver le chemin vers Dieu, vers mon cœur et le cœur d'autrui ? Est-ce que ce chemin ne passera pas plutôt par ma propre « résurrection » et la rémission des fautes à mon prochain sous la conduite et la puissance de l’Esprit Saint ?

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* Jn 20, 23 - « Jean reprend à son compte une formule traditionnelle (voir Mt 16,19 et 18,18) qu'il faut comprendre autant que possible dans le cadre de sa propre théologie : les disciples remettront et retiendront les péchés dans la mesure où ils prolongeront la mission de Jésus dans le monde. Les traditions catholique et orthodoxe pensent que le pouvoir de remettre les péchés est confié aux membres du collège apostolique auquel est confiée, en communion avec Jésus, la charge pastorale (21, 15-17). Pour la tradition réformée, ce pouvoir et cette charge pastorale sont remis à tous les disciples, c.-a-d. aux croyants de tous les temps (voir 17, 20 n.), et non à Pierre en particulier (Mt 16, 19) ou à un ordre sacerdotal quelconque (Le 24, 48) ; à l'écoute de leur témoignage, les hommes croiront (leurs péchés leur seront remis) ou se scandaliseront (se jugeront eux-mêmes, leurs péchés leur seront retenus) ». Selon la note de TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.

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P.S. Du 12 au 16 avril je suis en retraite, donc vous ne recevrez pas ma réflexion pour le dimanche suivant. Vous me pardonnerez, n’est-ce pas ? - sourire.