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Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
42. Pâques, Réflexion 2021
Sœurs et Frères
Nous voici ensemble, nous pouvons enfin célébrer Pâques dans nos églises, ce qui n’était pas possible l’année dernière. La Résurrection du Christ, c’est la solennité des solennités, la fête centrale, et la plus importante dans chaque année liturgique pour nous les chrétiens. Nous pourrions dire que c’est une Fête-Événement en trois parties ; elle commence avec la messe au soir du jeudi Saint et se termine avec les vêpres du dimanche de Pâques. Cela signifie que nous sommes avec le Christ pendant son dernier repas, pris avec ses disciples, pendant sa Passion et sa Mort sur la croix pour découvrir la joie de sa Résurrection. C’est la raison pour laquelle nous participons aux célébrations du Jeudi et du Vendredi Saint, à la Veillée Pascale comme une seule célébration. Ce qui est tout à fait logique parce qu’on ne peut pas célébrer la Pâque du Christ sans être avec Lui à table (la Cène) et au moment où Il souffre. Ces trois jours, ces trois célébrations uniques, bien enrichis par les paroles, par les signes, c’est notre vie. La vie d’un baptisé, plongé dans la mort et dans la vie du Christ, qui essaie de créer des liens avec Dieu et avec les autres (l’Eucharistie avec ses deux tables : de la Parole de Dieu et de la Communion) et qui essaie de comprendre et de surmonter ses propres « croix » quotidiennes dans la Croix du Christ.
Jésus-Christ a été libéré de la mort, de la mort qui devait à l’époque une fois pour toute effacer sa mémoire - un homme qui, dans une province romaine sans importance, parlait de Dieu et de l'amour du prochain comme personne avant Lui. Ce prophète de Nazareth, « cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple » (Lc 24, 19) bousculait la vie de ses contemporains. Un prophète pour le peuple, un trublion pour les Romains, un homme dangereux pour les scribes et les pharisiens, devenait un Sauveur, un Libérateur pour d’autres.
Mais pour qui exactement ?
Pour répondre à cette question, il nous faut plonger dans la Parole de Dieu de l’Ancien Testament. Nous savons bien qu’à la célébration de la Veillée Pascale, la liturgie de la Parole de Dieu est très riche. Parmi neuf lectures, sept viennent de l’Ancien Testament (AT) et si, pour des raisons pastorales, nous ne pouvons pas lire tous les textes de l’AT nous devons en choisir au moins deux. Cependant nous ne pouvons jamais omettre la lecture du livre de l’Exode (Ex 14,15-15,19) avec son cantique inclus. Ce texte nous présente le passage de la mer Rouge par les Israélites, peuple élu de Dieu, qui les a sortis d’Égypte, c’est-à-dire du pays de l’esclavage et de l’oppression. C'est un Événement salvifique fondamental dans l'histoire du peuple Juif, qui est raconté aux enfants lors de la célébration de la Pâque juive par leurs pères.
En quoi sommes-nous concernés par cet Événement crucial, cette fête si importante pour « nos frères aînés dans la foi » (Jean Paul II, 1986), nous qui sommes appelés à la Résurrection ?
Si nous fêtons ensemble la Résurrection du Christ, c’est que chacun de nous est appelé à la résurrection par la grâce de Dieu. Être ressuscité, cela signifie être un homme libre, qui met tout dans les mains de Dieu et qui est libre pour être le serviteur de son prochain (l’évangile du Jeudi Saint avec le geste du Christ du lavement des pieds). C’est aussi prendre la voie de la liberté d’être fidèle à Dieu, à mon baptême, même si tout le monde autour se moque de moi, m’accuse, me condamne à la mort par les préjugés, le silence, l’éviction, l’exclusion, etc. (le procès du Christ avec sa condamnation à mort – la liturgie du Vendredi Saint). Et enfin c’est la liberté de croire que le dernier mot appartient à la Vie ; c’est comme Abraham qui « espérait contre toute espérance » (Rm 4, 16-18).
Il est vrai que c’est difficile de se mettre dans l’expérience des autres, des Israélites qui ont marché quarante ans dans le désert pour entrer dans la terre promise. Mais il est vrai aussi que nous, comme eux, nous faisons notre cheminement spirituel personnel afin de croire à nouveau en Dieu et d’exposer toute notre vie à la lumière et la puissance de la Résurrection de son Fils. Il nous faut seulement nous mettre en route comme les femmes de notre évangile (Mc 16, 1-7) qui là où elles pensaient être confrontées de nouveau à la mort, entendaient l’annonce de la Vie.
Joyeuse Fête de Pâques pour tous - sourire,
Fr. Bogdan
P. S. Pendant la Pâque les premiers chrétiens ne se sont pas dit « Bonjour ». L’un disait : « Le Christ est ressuscité ! » et l’autre répondait : « Il est vraiment ressuscité ! » C’est la façon par laquelle ils manifestaient leur foi en Christ Ressuscité. Ce que je dirai à mes parents par téléphone et je sais bien ce qu’ils me répondront. Vous pouvez faire de même – sourire.