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Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire.

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 40. Jn 12, 20-33, V Dimanche du temps de Carême, B, Réflexion 2021

 

Sœurs et Frères

    Encore une fois, je dois constater que les lectures bibliques, même l’Évangile, donnés par l’Église comme la nourriture de ce V Dimanche du temps de Carême, sont très riches et, en conséquence, je vais me concentrer sur quelques pistes pour notre vie quotidienne.
    Donc, je me penche sur ce récit de l’évangile selon Saint Jean, qui est situé juste après l'arrivée triomphale de Jésus devant Jérusalem (ce que nous allons vivre ensemble dimanche prochain - Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur). Alors, nous sommes avec le Christ, à Jérusalem où beaucoup de Juifs, selon leurs coutumes, sont venus pour la fête de la Pâque. Même les Grecs (païens) ont voulu voir Jésus, qui récemment avait rendu la vie à son ami Lazare (ce qui faisait certainement beaucoup de bruit ; Jn chapitre 11), se sont rendus à cette fête. Cependant, le Christ ne profite pas de cette occasion, ni pour enseigner la foule, ni pour faire quelque chose de spectaculaire. Il est en dehors de tout cela. Il pressent sa mort. Néanmoins à ceux qui, par l’intermédiaire de Philippe et André, veulent Le voir, Il dit ces mots : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache (littéralement c’est le verbe haïr) en ce monde la gardera pour la vie éternelle ». Elle me plaît cette phrase énormément parce qu’elle dévoile l’essentiel de notre foi.

     L’image est très simple pour nous tous : la fécondité d’un grain de blé passe par sa propre mort ; je dirais un temps de dégradation et d’incertitude parce qu’il doit se confier aux autres (à la terre, aux saisons, et aux conditions météorologiques). Nous pourrions dire qu’il doit se libérer de la peur devant l'inconnu. Autrement dit, un grain doit s’oublier soi-même et s’exposer aux souffrances. Évidemment c’est un message sous une forme de petite parabole pour nous tous. Et pourtant il n’est pas loin de notre vie. Quelques exemples : C’est la même chose pour un couple qui commence la vie commune et devient parents. Ils ne peuvent pas penser seulement à eux, ils doivent « s’abandonner » pour la vie de leurs enfants. Un autre exemple : en période de Covid-19 chacun de nous doit oublier son confort et porter un masque pour protéger les autres. Mais quelqu'un pourrait me poser la question : « est-ce que je dois, dans ce contexte, vraiment haïr ma vie, la vie qui est le don de Dieu à travers l’amour de mes parents » ? Pas du tout. " Selon l’usage sémitique, le verbe employé ici, quand il est opposé à aimer, signifie le plus souvent aimer moins, ne pas considérer comme la valeur suprême, et implique une rupture "*. Le Christ, Lui-même, aimait sa vie et Il éprouve un trouble devant sa mort. D’ailleurs, l’auteur de notre évangile a noté que l'âme de Jésus était « bouleversée ».

     Jésus n’était pas un héros. Il s’est laissé guider par l’Esprit de Dieu, qui l’a toujours accompagné, jusqu’à l’offrande de sa propre vie comme un grain de blé jeté dans l’histoire de ce monde et de chaque baptisé. Il l’a fait pour chacune et chacun de nous parce que pour Lui, la vie c’était donner la vie. Combien de fois le prophète de Nazareth devait « perdre sa vie » comme Il était tenté par Satan, comme Il était rejeté par ses compatriotes, traité par les membres de sa famille comme un fou et au moment de la mort, abandonné par les siens. Jésus est devenu la victime de ses compatriotes, qui s'imaginaient qu’Il devait sauver Israël, et malgré tout, il ne voulait pas sauver sa vie à tout prix. Il savait qu’il n’y avait pas de prix pour sa relation avec Dieu et sa Bonne Nouvelle pour le monde. Cela n'a pas été facile pour Lui comme pour nous. Voyons, par exemple, notre volonté de perdre nos privilèges, notre réputation. Combien serions-nous capables de donner de notre vie pour témoigner de Jésus en vivant une humiliation ou des moqueries ? Combien serions-nous capables de donner de notre vie pour rester aux côté d’autrui, en dépassant les limites de la rentabilité, du calcul.

    Nous pourrions dire que le Christ a sacrifié tout pendant sa vie sur la terre sauf une chose – son lien unique avec son Père. Ce désir de vivre, de tirer la vie d’une relation avec Dieu, a permis à Jésus de donner sa vie. C’est son lien filial avec Dieu qui Lui a permis de franchir la mort et de garder sa vie pour la vie éternelle.

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* selon la référence de TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.

P.S. Cette année, à cause du couvre feu nous allons célébrer la veillée pascale le Dimanche de Pâques à 6.30, « l’heure qui correspond à la découverte du tombeau vide ». En nous référant à notre Évangile c’est aussi une occasion pour « perdre la vie » pour s’accrocher à une autre Vie.
Donc, comme on dit en France, je vous attendrai le Dimanche 4 avril, de pied ferme – sourire.