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 39. Jn 3, 14 – 21, IV Dimanche du temps de Carême, B, Réflexion 2021

Sœurs et Frères

     Aujourd’hui, comme Dimanche dernier, nous nous penchons sur le récit venant de l’évangile selon Saint Jean. Au début de notre réflexion, pour nous situer, il nous faut rappeler que notre texte c’est une partie d’un entretien entre Jésus et Nicodème - le pharisien et membre du Sanhédrin.
      Maintenant, je vais un peu plus loin – sourire. Dans notre société, il y a un mot qui est très populaire. Je pense au fameux mot « crise ». Nous pouvons avoir, par exemple, la crise gouvernementale, sanitaire, économique. Évidemment c’est un terme bien connu par les psychothérapeutes, qui accompagnent par exemple, les couples en crise, ou pour les hommes qui traversent la crise du milieu de la vie (j’espère que votre curé a déjà dépassé cette période – sourire). Nous pouvons aussi être touchés par la crise de la foi. Évidemment la crise telle quelle, ce n’est pas quelque chose qui nous fait plaisir. C’est un moment difficile à vivre qui peut arriver à chacun de nous. Cependant malgré tout, elle peut nous ouvrir de nouvelles perspectives et nous faire avancer dans la vie.
     Donc nous pouvons constater, sans doute, qu’à notre époque, ce mot est souvent utilisé dans de nombreux contextes d’une vie humaine. Cependant « il n'y a rien de nouveau sous le soleil » ; ce terme est déjà employé dans la Bible. Dans notre passage nous lisons : « Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises » (verset 19). Cette phrase commence par le mot « jugement ». Je pense que tous nous serions d’accord sur le fait que personne n’aime être jugé ou se trouver devant un juge. Le substantif « jugement » ou le verbe « juger » ont, dans notre société, une signification péjorative. Néanmoins l’évangile selon Saint Jean nous dévoile son aspect positif, je dirais vital et même nécessaire pour le parcours personnel de notre foi, notre sainteté aux yeux de Dieu. Comment ça ?

     Le terme « jugement » utilisé dans ce verset 19, en grec c’est le mot « krisis » (crise) qui a le double sens : séparation et condamnation. Ce qui est intéressant, c’est que Jean, contrairement à l’évangéliste Mathieu, qui nous présente une scène du jugement dernier après la mort (Mt 25,31-33), nous montre le jugement qui a lieu maintenant « lorsque l’homme se trouve en présence de Jésus (et particulièrement de sa croix, Jn 16, 11) et qu’il refuse la révélation » (voir 3, 19-21)*. Donc, nous pouvons accueillir le Christ et la lumière venant de son Évangile ou les refuser. Nous pouvons accueillir Jésus par un simple acte de foi totale ou non. Tout dépend de notre propre choix. L’auteur de notre évangile est clair là-dessus : « Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu ». Il faut « seulement » croire. Ce mot croire apparaît fréquemment dans notre évangile (cinq fois) et nous pourrions le traduire aussi (selon André Chouraqui**) « adhère à lui » qui me paraît encore plus signifiant et personnel en ce qui concerne notre choix de Jésus. Quelqu’un qui adhère à Lui de tout son cœur, chaque jour de sa vie, n’a rien à craindre parce que « celui qui fait la vérité vient à la lumière ». Il n’a rien à craindre parce que, dans son cœur, il adhère à cette vérité que « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (verset 17). Et même si cette lumière provoque en nous une crise : « je ne comprends pas ...., je ne sais pas comment …., je n’arrive pas….., je n’ai pas la force….., je ne sais pas quelle décision prendre…., ……. », c’est pour « séparer et condamner » dans notre vie tout ce qui nous sépare de Dieu et de ma relation filiale avec Lui. « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle » (verset 16).

    Quand dans notre vie, quand nous traversons une crise, nous avons souvent un choix à faire en jugeant ce qui sera bon, juste pour moi, ma famille, mon pays, mon Église, ……… ; et nous risquons de nous tromper. Mais si nous choisissons le Christ et nous adhérons à Lui et la Lumière de son Évangile, nous sommes déjà gagnants. Si la Parole de Dieu nous semble juger très fort, c’est toujours pour notre bonheur, pour notre guérison.


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* selon la référence de TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.
** https://nachouraqui.tripod.com/id60.htm