Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
31. Jn 1, 35-42, II Dimanche du Temps Ordinaire, B, Réflexion 2021
Dimanche dernier, nous nous sommes souvenus du baptême du Christ, sa première manifestation publique. Notre réflexion était fondée sur l’Évangile selon saint Marc. Ce dimanche, nous nous trouvons toujours dans le contexte du baptême. Cette fois-ci nous sommes au début de l’Évangile selon saint Jean. Jean le Baptiste qui a baptisé « dans l’eau » a apporté son témoignage de la présence du Christ comme Messie. Dans notre récit d’aujourd’hui, il désigne Jésus à ses disciples en disant : « Voici l’agneau de Dieu ». Dans l’Évangile selon saint Marc, que nous avons lu dimanche dernier, nous trouvons ces mots de Jean le Baptiste, concernant le Christ : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi (…). Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » (Mc 7a. 8).
Nous pouvons dire qu'aujourd'hui se réalisent ces mots de Jean, parce que deux de ses disciples se sont décidés à suivre Jésus ; c'est-à-dire ils veulent accompagner quelqu’un qui est plus fort que leur précédent maître, qu’ils attendaient en suivant Jean le Baptiste. Ils entendent la question du Christ : « Que cherchez-vous ? ». Cette question, ce sont les premiers mots exprimés par Jésus dans l’Évangile selon saint Jean. Cette question « sèche » semble être une provocation. Mais ces mots sont vraiment fondamentaux parce qu'on ne peut pas suivre quelqu’un si on ne sait pas ce que nous attendons de lui.
André et le deuxième disciple répondent à Jésus par la question : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? ». Peut-être c’est une simple coïncidence, mais nous trouvons aussi le verbe demeurer sur le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qui aura lieu du 18 au 25 janvier 2021 (chaque année, ce principal temps fort œcuménique rassemble des chrétiens de toutes confessions depuis 1908 autour d’un thème). Ce thème est : « Demeurez dans mon amour et vous porterez du fruit en abondance » (Jn 15,1-17). Nous pouvons constater que le verbe demeurer a une signification plus profonde que le lieu. Effectivement, pour l’auteur de cet Évangile, c'est un terme théologique qui marque l’accomplissement de la foi, l'attachement définitif à Jésus.
Ces deux disciples « demeuraient » attachés à leur maître Jean le Baptiste. Cependant, ils ont eu soif de Quelqu'un dans Qui ils espéraient trouver les réponses à leurs questions. Pour eux, ce n'était pas les questions théoriques. Ils ont voulu bien choisir parce qu'ils offraient leur propre vie. Jésus dialogue avec eux en attendant une réponse sincère, pure ; on peut dire la réponse qui vient de la vraie vie.
Jésus ne cherche pas d’imitateurs. Il cherche des personnes qui s'approchent de Lui avec leur propre identité. Le cheminement avec le Christ, ce n'est pas une obéissance passive, servile. Au contraire, c'est sans cesse un dialogue avec Lui, c'est un échange.
Pour découvrir où Il demeure, nous devons d’abord savoir dans quelles affaires, demeure chacun de nous. Pour demeurer en Christ, il ne s’agit pas seulement de se rendre à la messe de dimanche (ce qui est d’ailleurs évident et très important pour un catholique) comme dans un lieu. Nous allons à la messe pour demeurer avec le Christ (notre Père, l’Esprit Saint et la communauté). Nous le faisons aussi pendant le temps de la prière, en lisant la Bible, en pratiquant la charité envers autrui.
Demeurer en Christ, ce n’est pas seulement le point de départ et d’appui pour l’unité (ce qu’il ne faut pas confondre avec l’uniformité) des chrétiens, mais aussi pour l’unité dans notre Église, notre paroisse, nos familles. Et enfin demeurer en Jésus Christ fait notre vie intègre et malgré tout belle.
Ce qui est évident, ce que Jésus envoyé par son Père, dans la force de l’Esprit Saint, veut demeurer en chacune et chacun de nous. À travers les Évangiles, nous pouvons constater que le Christ ne s'imposait à personne - « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3, 20).