Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
3. Mt 10, 37 – 42, XIII Dimanche du Temps Ordinaire 2020
Cet Évangile, vraiment, je n’y comprends rien: « qui aime son père, sa mère, son fils, sa fille plus que Christ, n’est pas digne de Lui, dit Jésus ». En quoi l’amour familial dérange le Christ ? De plus, Jésus Lui-même aimait ses parents et leur était soumis (Lc 2, 41-51).
Aujourd’hui nous avons la fin du discours missionnaire du Christ adressé à ses disciples (qui est celui du Dimanche précédent). C’est très important de se rappeler ce « détail ».
Alors creusons ensemble cette première phrase de notre Évangile. Quand Jésus parle de l’amour, dans ce contexte, Mathieu emploie le mot grec philein qui désigne l’attachement humain (qui implique des sentiments) envers une personne ou quelque chose. Ce mot a chez Mathieu ordinairement un sens péjoratif*, par exemple quand Jésus critique, blâme le comportement des pharisiens - « ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient » (Mt 6, 5). Et ce mot est différent du mot agapân (charité), celui qui désigne l’amour pour Dieu et le prochain - « Honore ton père et ta mère. Et aussi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 19, 19).
Jésus ne s’élève pas contre l’amour familial. Il nous avertit seulement que les liens familiaux peuvent devenir des obstacles sur le chemin de ceux qui veulent suivre Jésus. Et ce n’est pas loin de nos propres réalités. Je me souviens d’un exemple qui m’a frappé autrefois ; quelqu’un, (soit disant bon chrétien) engagé dans sa paroisse a dit à son curé : « je ne viens pas à la messe de la veillé Pascale (la messe la plus importante dans l’année liturgique) parce que mes enfants et petits- enfants sont là et je dois leur préparer les repas ». Un autre exemple ; les parents ne veulent pas que leur fils entre au séminaire parce qu’ils veulent d’avoir des petits-enfants. Même Jésus devait subir l’incompréhension de la part de sa propre famille - « Alors Jésus revient à la maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête » (Mc 3, 20-21).
Comme j’ai dit, ces mots sont adressés aux missionnaires, c’est-à-dire ceux qui veulent vraiment suivre le Christ et témoigner de sa fructueuse présence dans leur vie quotidienne, on peut dire « banale » mais remplie de joie et d’espérance. Et quand nous sommes tous souvent préoccupés par beaucoup de choses dans notre vie pour l’assurer, ainsi que nos liens familiaux, Jésus dit à chacun de nous « suis-moi ».
Si chaque membre de la famille vit une véritable relation d’amour avec le Christ, il en résulte que toute la famille vit un amour incroyable.
« Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie » ? (Mt 16, 26).
*****
* selon la référence de TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition cerf 2012.