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 237. Si 3, 17-18.20.28-29, XXII Dimanche du Temps Ordinaire, C, Réflexion 2025

 Sœurs et Frères

     Pour ce dernier dimanche des vacances scolaires, notre lecture est tirée d’un corpus de l’Ancien Testament que les biblistes appellent « sapientiaux ». Il s’agit du « Livre de Ben Sira le Sage », que l’on appelle aussi « Le Siracide » ou « l’Ecclésiastique » (voir plus, réflexion n° 148). Et même s’il ne fait pas partie du canon biblique pour les juifs et les protestants (il est absent de la Bible hébraïque) c’est toujours profitable de le méditer parce qu’il est plein de sagesse. Il fut écrit autour du IIème siècle av. J.-C., dans une période où l’influence hellénistique - la culture et la philosophie grecques- est de plus en plus prégnante dans la vie et les traditions juives.

     Dans ce contexte, voici que monte sur scène « Ben Sira le Sage », l’auteur du livre, qui connaît la culture grecque ; il est surtout expert des Écritures Saintes et de la culture de sa Nation, et son ouvrage est destiné à montrer à ses compatriotes, la grande valeur et l’actualité de leur religion et de leur culture juives. En outre, cet ouvrage est celui d’un petit fils qui transmet la pensée et l’œuvre de son grand-père¹. L’auteur veut démontrer que, pour un Juif, la Bible est toujours et d’abord, la source d’une vie heureuse et comblée : « TOUTE SAGESSE vient du Seigneur, et demeure auprès de lui pour toujours » (Si 1,1).

     J’aime beaucoup notre récit de ce dimanche et, à la question rituelle - sourire « Père Bogdan, en quoi cela nous concerne et peut nous servir dans la vie ?», je répondrai que ce texte nous transmet un message intemporel, important à toute époque.

       Je commence par la première phrase (verset 17), dans la traduction de la TOB : « Mon fils, dans ta prospérité chemine avec humilité / et tu seras plus aimé que celui qui fait des cadeaux. » ². Si nous lisons attentivement cette phrase, nous constatons que le « sage » ne nous demande pas d’abandonner le chemin de la prospérité (on pourrait dire aujourd’hui de la « réussite »). Il demande que cette réussite marche toujours avec l’humilité, c’est-à-dire que cette prospérité ne nous « détache » pas de la réalité ; bref, il nous invite à « avoir les pieds sur terre » – selon la belle expression française – sourire. Et franchement, quand nous félicitons quelqu’un pour sa réussite, nous apprécions ceux qui savent rester simples et modestes par rapport à leur succès. Ainsi Moïse, appelé par Dieu, et dont on pourrait dire qu’il a réussi dans sa vie, est un bon exemple de ce modèle : « Moïse était très humble, l’homme le plus humble que la terre ait porté » (Nb 12,3).

      Quant au verset 28 de notre texte, sa traduction est la suivante : « Ne cours pas guérir le mal de l’impie, / il n’y a pas de guérison pour lui / car son plant provient d’un mauvais plant. » Cette note de la TOB nous éclaire : « L’orgueil est le mal fondamental. Il se manifeste par l’obstination du cœur, (voir Ex 7,14 ; 8,28). Il est incurable quand on l’a laissé prendre racine. » ² Pour moi cette image est claire. On ne peut pas « diminuer ou cacher » « l’obstination du cœur ». Il faut en arracher la « racine » invisible comme, dans un jardin, on arrache le mauvais plant avec sa racine. Et c’est le but de la sagesse au sens biblique, une sagesse qui vient de la Parole de Dieu, et qui veut nous aider arracher de notre cœur, ce qui le rend constamment malade. Il n’y a pas d’autre « remède » à ce qui nous rend malheureux. Un exemple : le véritable problème d’un alcoolique n’est pas seulement de cesser de boire, mais de savoir ce qui, chez lui, a provoqué cette dépendance à l’alcool. Même chose pour une femme qui enchaîne des relations toxiques avec des hommes. Elle doit découvrir la racine de cette répétition qui la rend malheureuse.

      Pour finir, je me pencherai sur le dernier verset (29) de notre lecture. Il nous parle de quelque chose d’indispensable pour une vie heureuse. Une chose qui ne coûte rien et qui, pourtant, n’est pas trop à la mode. « Qui est sensé [on traduit aussi – « intelligent »] médite les maximes de la sagesse ; l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute. » Ce que la sagesse de Dieu nous conseille c’est donc d’écouter et de méditer. Être intelligent – sensé - au sens biblique, ce n’est pas avoir plus de connaissances que les autres ou être plus malin que son voisin ! C’est savoir écouter et méditer en s’abreuvant à la bonne source, celle qui fait de moi un être humain heureux et formidable. La Bible qui nous parle de Dieu et de son amour, n’est pas un exposé théorique, théologique ou moral. La Bible nous dévoile Dieu, qui veut nous rendre heureux par des choix bien réfléchis. Cela commence par le constat suivant : je ne suis pas autosuffisant et je ne suis pas « plus grand » que Dieu et autrui, mais avec la Sagesse, je peux devenir de plus en plus intelligent, pour mon propre profit. Parce que la Sagesse qui vient de la Bible me permet avant tout de distinguer le bien du mal. Et cela concerne bien évidement aussi tous les curés – clin d’œil avec sourire.

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P.S. Chers et patients Lecteurs – sourire, à partir du mois de septembre, vous recevrez mes réflexions directement sur votre adresse mail, envoyées directement de mon adresse mail – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

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     Enfin je vous signale que vous ne recevrez pas ma réflexion pour le dimanche 7 septembre ; je serai absent du 1 au 5 septembre pour ma retraite spirituelle.

*****

¹« Puisque la Loi, les Prophètes et les autres écrivains qui leur ont succédé nous ont transmis tant de grandes leçons grâce auxquelles on ne saurait trop féliciter Israël de sa science et de sa sagesse ; comme, en outre, c’est un devoir, non seulement d’acquérir la science par la lecture, mais encore, une fois instruit, de se mettre au service de ceux du dehors, par ses paroles et ses écrits : mon aïeul Jésus, après s’être appliqué avec persévérance à la lecture de la Loi, des Prophètes et des autres livres des ancêtres, et y avoir acquis une grande maîtrise, en est venu, lui aussi, à écrire quelque chose sur des sujets d’enseignement et de sagesse afin que les hommes soucieux d’instruction, se soumettant aussi à ces disciplines, apprissent d’autant mieux à vivre selon la Loi. » Selon le prologue de la Bible de Jérusalem pour le livre de l’Ecclésiastique, p. 1171. Éditions du Cerf 2000.

²voir la note pour Si 28,3 de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.