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 231. Gn 18, 1-10a, XVI Dimanche du Temps Ordinaire, C, Réflexion 2025

Sœurs et Frères,

    À plusieurs reprises nous avons médité ensemble des extraits de la Genèse. Vous savez donc tous quelque chose concernant la rédaction de ce livre, n’est-ce pas ? Sinon, fouillez dans vos archives et certainement vous trouverez des détails sur ce sujet - clin d’œil avec sourire.

    Toutefois, le texte de ce dimanche demande un éclairage contextuel particulier, même s’il nous est tout à fait familier. Au début de cet extrait, l’apparition de « trois hommes » n’est pas « l’annonce du mystère de la Trinité, dont la révélation est réservée au Nouveau Testament »¹. En effet, le respect et l’attention qu’ils reçoivent d’Abraham « n’est pas une ‘adoration’, un acte de culte, mais une simple marque d’hommage. Abraham ne reconnaît d’abord dans les visiteurs que des hôtes humains, et leur témoigne une magnifique hospitalité. Leur caractère divin ne se manifestera que progressivement, (Gn 18, 2.9.13-14). »¹. On pourrait donc ajouter, en suivant une autre note - de la Bible œcuménique, que « le texte insiste sur l’hospitalité d’Abraham, qui préfigure celle de Lot au chapitre 19. L’hospitalité, qui est l’un des piliers des sociétés antiques, est récompensée ici par l’annonce que la promesse d’une descendance va s’accomplir. »².
     Cependant, même si le texte nous parle fortement de l’hospitalité, il comporte quelque chose de plus important encore, concernant la vie d’Abraham et de Sara, puisque va se réaliser, pour ce couple de vieillards, la promesse de Dieu. Une promesse (cf. Gn 12,2-3 ; 15,4 ; 17,17) qui se réalisera effectivement, environ un an après la visite de Dieu sous l’apparence des trois hommes, au temps fixé pour la naissance (sur la naissance d’Isaac voir Gn 21,1-7). Et, je vous rappelle que, selon le « chiffrage » du texte biblique, Abraham et Sara ont attendu vingt-cinq ans Isaac, le fils « de leur sang ».

    Après toutes ces mises au point, il est temps de tirer quelque enseignement pour notre propre vie. Vous vous y attendiez, n’est-ce pas ? - sourire. Ce texte peut être difficile à comprendre dans notre société marquée par l’immédiateté. Aujourd’hui, quand nous engageons notre vie, nous voulons être assurés que la promesse qui nous a été faite se réalisera rapidement et, de plus, au moment prévu par nous. Mais pour cela, nous n’avons pas besoin de Dieu qui est le Seigneur de « l’impossible » et de « beaucoup plus » que je ne peux l’imaginer.
D’une certaine manière, on pourrait dire que la naissance d’Isaac a été, non seulement l’accomplissement de la promesse reçue de Dieu, mais aussi un rebondissement pour la vie d’Abraham et Sara. Autrement dit, les promesses de Dieu rajeunissent notre cœur, notre âme, notre vie. Dieu nous demande seulement de ne pas abandonner la voie de sa promesse. Pour nous chrétiens, cette voie de la promesse de la vie qui vient de Dieu, s’accomplit en Jésus-Christ depuis le jour de notre baptême. Et bien évidemment ce n’est pas facile de rester sur ce chemin en laissant Dieu accomplir sa promesse comme Il le veut et quand Il le veut.

    Mais, revenons quand-même à l’hospitalité. Je ne songe pas à une hospitalité, je dirais - « sur rendez-vous », lorsque je peux tout préparer : ma tenue, la table festive, l’ambiance, etc. Certes, c’est bien de se préparer pour accueillir quelqu’un que j’attends. Mais c’est encore plus beau d’accueillir ce quelqu’un à l’improviste, comme je suis « aujourd’hui », avec ce que je peux lui offrir « aujourd’hui ». En évoquant une telle hospitalité, je pense à ce que Dieu ou une autre personne peut apporter dans ma vie, pas forcément ce dont je crois manquer. Quelque chose qui peut m’enrichir, changer ma vie, un nouveau regard, et quelquefois un nouvel élan. Voilà pourquoi, je terminerai ma réflexion par cette phrase magnifique de la lettre aux Hébreux : « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. » (He 13,2).

Bon Dimanche à chacune et chacun de vous,
votre frère Bogdan

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¹Selon la note pour Gn 18,1-2 de la Bible de Jérusalem, édition du Cerf 2000.
« Les chapitres 18-19 formaient à l’origine une unité avec le chapitre 13. Les versets 17-32, qui traitent de la justice divine, ont été insérés suite à la destruction de Jérusalem (en 587 av. J.C.) [...]. Le récit est tantôt au singulier tantôt au pluriel puisqu’il se réfère parfois à Dieu seul et parfois aux trois hommes ; mais l’auteur reste discret sur la manière dont se manifeste la présence divine. On imagine souvent qu’il s’agit du Seigneur, accompagné de deux anges. L’iconographie orthodoxe y voit fréquemment trois anges, figure de la Sainte Trinité ». Selon la note de la TOB pour Gn 18,1-2. Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.
²Selon la note de la TOB pour Gn 18,5. Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.