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 227. Gn 14, 18-20, Solennité du Corps et du Sang du Christ, C, Réflexion 2025

Sœurs et Frères

    Pas de surprise aujourd’hui ! - sourire. Comme vous le savez, après la solennité de la Sainte Trinité vient une autre solennité – celle du Saint-Sacrement. Une fête, bien éloignée depuis toujours, des croyances juives (cf. Jn 6,51-58), comme d’ailleurs la Sainte Trinité. Cela ne nous empêchera pas de nous pencher sur une première lecture tirée de l’Ancien Testament. En outre, je suis plutôt satisfait de vous avoir déjà introduit au contexte éditorial du livre de la Genèse, à l’occasion de ma réflexion du XXVIIe Dimanche du Temps ordinaire de l’année B (N°193) (pas de modestie cette fois-ci – sourire). Donc nous pouvons aller « droit au but ».

    Pourtant, avant d’aborder directement notre récit, quelques mots sur sa place dans le texte. Il se situe à la suite de la campagne d’Abram pour libérer son neveu Loth qui habitait Sodome. Abram battit ses ennemis et « il ramena son frère Loth et ses biens, ainsi que les femmes et tous les gens » (cf. Gn 14, 12-16). Et si je dis Abram et pas Abraham, c’est que nous sommes, dans notre lecture, avant l’Alliance entre Dieu et Abram, qui deviendra Abraham (chapitres Gn 15-17).

    Donc, à la suite de la bataille gagnée par Abram, apparaît un personnage mystérieux – Melkisédek (ou Melkisédeq), qui n’était pas un Juif. Il était, à la fois, le roi et le prêtre de Salem. Et ce roi-prêtre, à qui Abram « donna le dixième de tout ce qu’il avait pris » pendant sa campagne militaire, est une figure biblique, qui eut un impact sur notre religion. Voici pourquoi : « Ce Melchisédech, qui fait dans le récit sacré une brève et mystérieuse apparition, comme roi de Jérusalem où Yahvé choisira d’habiter, comme prêtre du Très Haut dès avant l’institution lévitique [c’est-à-dire du sacerdoce héréditaire réservé aux descendant du frère de Moïse – Aaron avec des offrandes de chair et de sang des animaux], est présenté par le Ps 110,4 [notre psaume d’aujourd’hui] comme une figure de David, qui est lui-même une figure du Messie, roi et prêtre. L’application au sacerdoce du Christ est développée en l’Épître aux Hébreux chapitre 7. La tradition patristique a exploité et enrichi cette exégèse allégorique, voyant dans le pain et le vin apportés à Abraham une figure de l’Eucharistie, et même un véritable sacrifice, figure du sacrifice eucharistique, interprétation reçue dans le Canon de la Messe. »¹.

   Cependant, au-delà de l’importance de Melkisédek, mentionné dans le Nouveau Testament et ainsi dans la liturgie de notre Messe, ce qui m’intéresse surtout c’est le « geste » qu’il eut à l’égard d’Abram. Nous lisons, en effet, que Melkisédek bénit Abram par le « Dieu très-haut ».
A ce sujet, une note de la Bible de Jérusalem précise que « la bénédiction est une parole efficace, (Gn 9,25+), et irrévocable, (27,33+ ; 48,18+) qui, même prononcée par un homme, transmet l’effet qui s’y exprime, puisque c’est Dieu qui bénit (Gn 1,27, 28 ; 12,1 ; 28,3-4 ; Ps 67,2 ; 85,2, etc). Toutefois, en retour, l’homme aussi bénit Dieu, loue sa grandeur et sa bonté en même temps qu’il souhaite les voir s’affirmer et s’étendre (Gn 24,48 ; Ex 18,10 ; Dt 8,10 ; 1 S 25,32.39, etc. Ici les deux bénédictions sont associées. »²

    Mes chers lecteurs, je ne sais pas pour vous, mais pour moi l’Eucharistie, notre Messe, est une bénédiction pour nous. La bénédiction « efficace » et « irrévocable » où nous sommes invités pour bénir Dieu parce que c’est Lui-même qui nous bénit le premier. Et Dieu se contente de notre simple offrande - le pain et le vin. Plus important encore, c’est que nous soyons devant Lui le cœur ouvert pour accueillir, chacun, sa bénédiction sur notre vie – l’offrande parfaite et irrévocable de son Fils Jésus-Christ.
    Chaque Dimanche nous allons à l’Eucharistie recevoir la générosité de la bénédiction de Dieu. Mais aussi pour le bénir car, c’est sûr et certain, quoiqu’il arrive dans notre vie, entre les deux dimanches (rien ne nous empêche d’aller à la messe hebdomadaire - sourire) nous aurons son amour et sa bonté.

     Une dernière chose. Si nous allons à la Messe, c’est aussi pour qu’en sortant de l’église, nous soyons une bénédiction pour les autres et pas seulement pour les nôtres. Ce fut le cas de Melkisédek, qui n’était pas Juif mais qui, par sa propre louange du « Dieu très-haut », a bénit Abram (qui n’était pas encore Abraham).

Bonne fête de la Solennité du Corps et du Sang du Christ à tous, de notre alliance eucharistique avec Lui et sa généreuse bénédiction,
Votre frère Bogdan

*****
¹selon la note pour Gn 14,18 de la Bible Jérusalem, édition du Cerf 2000.
Pour le Canon Romain (Prière Eucharistique I) de la messe : (…) « Et comme il t'a plu d'accueillir les présents d'Abel le Juste, le sacrifice de notre père Abraham, et celui que t'offrit Melchisédech, ton grand prêtre, en signe du sacrifice parfait, regarde cette offrande avec amour et, dans ta bienveillance, accepte-la ». Voir plus sur : https://www.eucharistia.org/fr/liturgy/main.html
²selon la note pour Gn 14,19 de la Bible Jérusalem, édition du Cerf 2000.