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 226. Pr 8, 22-31, Solennité de la Sainte Trinité, C, Réflexion 2025

Sœurs et Frères

   Traditionnellement, le dimanche qui suit la Pentecôte, cette fête du don de l’Esprit Saint qui clôture le temps pascal, nous fêtons la Sainte Trinité. En lisant la liturgie de la Parole pour ce dimanche, vous pouvez constater qu’avec la fin du temps pascal nous « quittons » aussi le livre des Actes des Apôtres. Nous retournons à l’Ancien Testament qui occupe, en général, la première lecture dans nos célébrations dominicales.

   Et ce dimanche, notre première lecture est un extrait du Livre des Proverbes (je vous ai introduit dans ce livre dans la réflexion n°155). Or, même s’il n’y a aucune révélation de la Trinité dans les textes de l’Ancien Testament et, bien évidemment, même si les Juifs rejettent fermement la foi en la Sainte Trinité, rien ne nous empêche d’examiner ce texte qui a un réel intérêt, comme tous les textes bibliques – sourire. Ne vous inquiétez pas, je vais vous convaincre – sourire.

    Nous le savons, les Juifs croient en un Dieu qui est Unique et ils expriment cela chaque jour quand ils récitent la prière « Chema Israël », qui est leur « profession de foi » (cf. Dt 6,4). Mais cela ne les empêche pas de présenter la Sagesse comme une personne, ce que nous prouve notre récit*. En effet, dans notre texte, nous pouvons constater que cette Sagesse, « formée dès le commencement avant l’apparition de la terre » est à l’œuvre avec Dieu quand Il créa le monde, et se veut « délice » pour les hommes. La Sagesse de Dieu, qui nous dépasse complètement, veut faire partie de la vie de chacun de nous, comme « quelqu’un » qui existe réellement pour nous et qui veut toujours nous apporter la joie.
    Cette personnification de la Sagesse de Dieu m’amène au constat qu’il ne s’agit pas d’une idée, mais de quelque chose qui se manifeste véritablement dans notre vie pour nous faire goûter la présence de Dieu. C’est exactement ce qui se passe, pour nous les chrétiens, grâce à la présence de la troisième personne de la Sainte Trinité, l’Esprit Saint qui se manifeste dans notre vie (voir « le don de la sagesse, dans la réflexion de la Pentecôte).

    En effet, cette Sagesse est capable de m’accompagner pour me faire grandir en relation avec Dieu. Elle qui était là avant la création du monde, elle est capable de créer en moi des réalités nouvelles parce que son délice est mon propre bonheur. Elle ne vise pas seulement à influencer notre vie. Elle veut constamment la construire et la reconstruire en même temps.
Il nous reste « seulement » à entrer en relation avec Dieu pour découvrir que la Sagesse qui vient de Lui est un délice pour nous chaque jour. Alors en goûtant cette joie au quotidien, nous nous dirons « Quel délice pour ma vie ! » - sourire.

Bonne fête de la Sainte Trinité en qui chacune et chacun de nous a sa place
Votre frère, Bogdan

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* « L’idée d’une sagesse personnifiée, simple artifice littéraire en Pr 14,1, s’est développée en Israël à partir de l’Exil, lorsque le polythéisme ne fut plus une menace pour la vraie religion. Si en Jb 28 et Ba 3,9 – 4,4 la sagesse apparaît comme une chose, un bien désirable extérieur à Dieu et à l’homme, elle est présentée en Pr 1,20-33 ; 3,16-19 et 8-9 comme une personne. Ici elle révèle elle-même son origine (créée avant toute créature, w. 22-26), ainsi que la part active qu’elle prend à la création, w. 27-30, et le rôle qu’elle joue auprès des hommes, pour les mener à Dieu, w. 31, 35-36. (…).
La doctrine de la Sagesse, ainsi ébauchée dans l’AT, sera reprise dans le NT qui lui fera accomplir un progrès nouveau et décisif en l’appliquant à la personne du Christ. Jésus est désigné comme Sagesse et sagesse de Dieu, Mt 11,19p ; Lc 11,49, cf. Mt 23,34-36 ; 1 Co 1,24-30 ; comme la Sagesse, le Christ participe à la création et à la conservation du monde, Col 1,16-17, à la garde d’Israël, 1 Co 10,4, cf. Sg 10,17s. Enfin le prologue de Jean attribue au Verbe des traits de la Sagesse créatrice, et tout l’évangile johannique présente le Christ comme la Sagesse de Dieu, cf. Jn 6,35+. Ceci explique que la tradition chrétienne, depuis saint Justin, ait reconnu le Christ dans la Sagesse de l’AT. Par accommodation, la liturgie a appliqué (Pr 8,22s) à la Vierge Marie, collaboratrice du Rédempteur comme la Sagesse l’est du Créateur ». Selon la note de la Bible de Jérusalem pour Pr 8,22. Éditions du Cerf 2000.