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219. Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, C, Réflexion 2025
Sœurs et Frères
Nous commençons ensemble la dernière étape vers la fête de Pâques. Après 40 jours de Carême, par cette célébration du dimanche des Rameaux, nous entrons dans la Semaine Sainte qui nous conduit vers la fête la plus importante de notre foi – la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Durant ce temps, nous sommes invités à nous pencher sur les plus grands mystères de cette foi. Mais les textes que nous lisons ces jours-là, toujours les mêmes au cours des années liturgiques (A,B,C), sont sans cesse renouvelés, car la Parole de Dieu est une source inépuisable pour notre vie personnelle, dont le contexte se modifie au fil des ans.
Mes chers lecteurs, cette fois-ci, je ne m’attacherai pas à la première lecture que j’ai déjà commentée l’année dernière (cf. réflexion n° 170), et comme vous avez une très bonne mémoire, inutile que je me répète, n’est-ce pas ? - sourire. J’en viens donc à la Passion du Christ selon saint Luc, que nous lisons et méditons pendant l’année liturgique « C ». Vous allez immédiatement me dire : « Père Bogdan vous l’avez commentée aussi il y a à peu près trois ans » (cf. réflexion n° 86). Exact, c’est un argument inattaquable, mais il n’empêche que les particularités de la Passion du Christ attirent toujours mon attention. Nous le savons, même si le récit de la Passion est rapporté par les quatre évangélistes, chacun d’eux y « pose ses propres accents » - si je peux m’exprimer ainsi. En ce qui concerne Luc, c’est seulement chez lui que nous trouvons un échange entre le Christ et les deux malfaiteurs au moment de la crucifixion (cf. Lc 23,39-43). Et dans cet épisode, nous constatons que Jésus promet le paradis à celui qui reconnaît sa juste « place », en reconnaissant ses fautes. On pourrait me dire alors : « Franchement, père Bogdan, cela n’est pas étonnant : Luc est considéré comme l’évangéliste de la Miséricorde divine. Il suffit de lire les deux magnifiques paraboles que sont le Bon Samaritain (cf. Lc 10, 30-37) et le Père miséricordieux (cf. Lc 15, 11-32) ; deux paraboles qui lui sont propres ». C’est vrai, dans ces deux textes Luc nous dévoile le « Cœur » de Dieu qui, avec son amour inconditionnel, se penche sur notre faiblesse humaine et notre misère.
Mais je trouve dans ce récit de la Passion et du « bon larron », quelque chose qui me touche et qui, selon moi, doit nous accompagner sur le chemin de notre foi et, plus généralement, dans notre relation avec autrui. Il n’est jamais trop tard pour reconnaître nos torts devant Dieu et devant nos frères et sœurs en humanité (même à l’égard de quelqu’un déjà décédé car nous croyons à « la communion des saints » dans notre Église catholique). Et même si je ne peux pas changer mon passé, je peux toujours choisir mon avenir dans ma relation avec Jésus et avec les autres. Il n’est jamais trop tard pour vivre en vérité relationnelle. Et à propos de vérité, Luc nous montre aussi qu’un centurion (un païen et témoin direct) a reconnu, après sa mort, que le Christ était un homme « juste » (cf. Lc 23, 47)¹ ; ce fut aussi le cas d’un autre païen, Pilate (cf. Mt 24,27 ; cf. aussi Mt 27,19). Certainement ces aveux ont dû changer la vie de ceux deux personnes.
Sœurs et Frères, c’est une bonne nouvelle de savoir que, toujours à notre côté, Quelqu’un, Jésus, ne pense qu’à faire avancer notre vie sur le chemin de la vérité qui libère le cœur. Le cœur qui enfin reçoit un nouveau souffle, une fraîche bouffée d’oxygène grâce à la sincérité.
Je termine ma réflexion par une autre particularité de la Passion selon saint Luc qui, contrairement aux autres évangélistes², rapporte ces derniers mots de Jésus sur la croix : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Je dirais que, par ces mots, Jésus rend tout à son Père, à la source de la pure et puissante Vérité qui L’a toujours accompagné, et qui accompagne chaque baptisé dans la Mort et la Résurrection de Jésus-Christ.
Bon Dimanche à chacune et chacun de vous et fructueuse Semaine Sainte,
avec ma prière, votre frère Bogdan
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¹« En proclamant que Jésus est juste, le centurion confesse que celui-ci est innocent (comme Pilate en 23,4.14.22). Il évite ainsi le sens équivoque que pourrait prendre sur les lèvres d'un païen le terme de Fils de Dieu que rapportent ici Mathieu et Marc. » Selon la note de la TOB pour Lc 23,47. Traduction de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012,
² Chez Marc et Mathieu nous lisons ceci : « Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 15,34 ; cf. Mt 27,46).