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 217. Jos 5, 9a.10-12, IV Dimanche du Carême, dimanche de Laetare, C, Réflexion 2025

Sœurs et Frères

     A ma connaissance c’est la première fois que nous nous penchons sur un extrait du livre de Josué. Il s’agit d’un texte très difficile à dater avec précision, dont la rédaction, selon certains spécialistes (plus érudits que l’auteur de cette modeste réflexion – sourire) s’étalerait du IIe au VIIe siècle av. J.-C¹. Ce livre ne relate pas seulement la vie de Josué, personnage central du livre, qui fut l’auxiliaire de Moïse et devint après sa mort son successeur choisi par Dieu. Ce qui est capital dans ce texte biblique, c’est l’évènement qu’il rapporte ; à savoir, la conquête par les Israélites du pays de Canaan, sous la direction du prophète. Il s’agit, bien évidemment, de la Terre promise par Dieu aux Hébreux (chapitres 1 à 12). Nous apprenons aussi dans ce texte, comment fut répartie cette terre entre les différentes tribus d’Israël (chapitres 12 à 22) ; et dans les deux derniers chapitres (22 à 24), nous sommes les témoins du dernier discours de Josué et de l’alliance de Sichem².

     Le passage que nous commentons ce dimanche, se situe au moment de l’entrée des Israélites en Terre promise et leur première Pâque sur cette terre qu’ils vont conquérir. A première vue on pourrait penser que, dans ce court extrait, il n’y a rien pour les gens d’aujourd’hui. Certes, il rappelle aux Juifs un « bout d’histoire³ » important pour eux, mais pas vraiment pour nous … 

     Cependant, avec toute ma modestie (que je n’ai pas bien évidemment – clin d’œil avec sourire), je vais essayer de vous convaincre, mes chers lecteurs, que ce texte peut nous aider vraiment à réfléchir sur notre vie. Soyez patients et vous verrez – sourire.
Regardons donc ensemble, tout particulièrement, ces mots adressés par Dieu à Josué - et pas seulement à lui : « Aujourd’hui, j’ai enlevé de vous le déshonneur de l’Égypte. » Cela signifie que les Hébreux ne sont plus esclaves des Égyptiens, qu’ils sont devenus un Peuple libre de suivre exclusivement leur Dieu. Mais pour cela, ils ne devaient jamais oublier Qui les avait sauvés. C’est pour cette raison, qu’avant même la conquête de Jéricho et de Canaan, ils ont été circoncis (voir Jos 5,2-9). De cette manière, ils portaient sur leur corps le signe physique de leur alliance avec Dieu. Et si, après ce rite de la circoncision, ils ont célébré la Pâque (Pessah en hébreu), c’est pour se souvenir de cette belle « Histoire » de leur libération d’Egypte, et aussi pour fêter leur liberté et leur foi en un Dieu unique et Libérateur. Le texte montre aussi que les Israélites vécurent alors un grand changement, pas seulement géographique. Leur vie de nomade était finie, ils allaient devenir un peuple sédentaire. En outre, comme il est écrit, « la manne cessa de tomber » et ils « mangèrent les produits de cette terre » qu’ils allaient conquérir avec l’aide de Dieu. Ils devaient alors à nouveau mettre toute leur confiance en Dieu qui ne les abandonnerait pas. Ce qui n’était pas évident.

     Pour nous les baptisés, cette expérience du peuple Juif nous concerne, car notre passage de l’esclavage de ce monde à la liberté, c’est par le baptême que nous l’effectuons ; le baptême qui est notre alliance personnelle avec Dieu en Jésus-Christ. C’est « une nouvelle naissance » qui nous permet « d’être libérés du pouvoir des ténèbres et d’être transférés dans la domaine de la liberté des enfants de Dieu (cf. Col 1, 12-14) »⁴.
Quelqu’un pourrait me dire : « Père Bogdan, être libérés ... de quoi ? » L’évangile du jour répond à cette question : nous y voyons « deux fils perdus » d’un même Père, tous deux devenus esclaves : le plus jeune en ayant tout perdu, l’autre en ayant tout en abondance dans la maison de son père.

     À la fin de cette réflexion, d’après moi un constat s’impose : la liberté est un chemin à parcourir, une voie qui me permettra de croire que Dieu est avec moi à chaque changement de ma vie, même si je ressens ce changement comme une situation critique, comme « une crise », pour employer un mot à la mode. Ce fut le chemin de chaque Juif et c’est celui de chaque baptisé. Il y a problème quand j’oublie ce que Dieu - Dieu en Jésus-Christ pour nous chrétiens - a fait pour moi. Quelles que soient nos convictions, la liberté compte pour chacune et chacun de nous. Et pour nous chrétiens, elle se construit chaque jour et sera d’autant plus solide que nous nous appuierons sur Dieu, dans nos vies, nos décisions et nos choix.
    Quant à ceux qui ne partagent pas notre foi, la liberté se construira par des choix vraiment dignes d’un être humain.

Bon Dimanche de joie (de Laetare) à tous ; votre frère, Bogdan - sourire

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¹https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_de_Josu%C3%A9,
²voir l’introduction pour livre de Josué de la TOB, page 359. Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.
³ « Dans la Bible hébraïque, les livres de Josué, des Juges, de Samuel et des Rois sont appelés les ‘Prophètes antérieurs’, par opposition aux ‘Prophètes postérieurs’, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et les Douze Petits Prophètes. Cette désignation s’explique par une tradition qui attribuait la composition de ces livres à des ‘prophètes’, Josué pour le livre qui porte son nom, Samuel pour les Juges et Samuel, Jérémie pour les Rois. Elle se justifie par le caractère religieux qui leur est commun : ces livres, que l’on appelle parfois « historiques », ont pour sujet principal les rapports d’Israël avec Yahvé, sa fidélité ou son infidélité, surtout son infidélité, à la parole de Dieu, dont les prophètes sont les organes. » Voir l’introduction pour livre de Josué de la Bible Jérusalem, page 301. Edition du Cerf 2000.
⁴https://inquisition.ca/fr/livre/cec/1200_1299.htm