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 215. Gn 15, 5-12.17-18, II Dimanche de Carême, C, Réflexion 2025

Sœurs et Frères

    Pour ce deuxième dimanche de Carême nous allons aborder un extrait de la Genèse, ce premier livre de l’Ancien Testament. Et puisque j’ai déjà fait « le job » précédemment, il n’est pas nécessaire que je « fatigue ma plume » (sourire) à vous introduire dans le contexte de la rédaction de ce livre. (Lisez le début de la réflexion n°193 et vous verrez que c’est très bien fait ; je suis désolé, mais je n’ai pas pris pour résolution de Carême d’être modeste – clin d’œil).

    Penchons-nous donc directement sur notre récit qui présente un évènement très important pour la religion juive : une alliance. Soulignons qu’une « alliance » fait partie de la vie de tout être humain, quelle que soit l’époque, et pas seulement des croyants. Mais commençons par le début. Notre texte relate l’alliance que Dieu a conclu avec Abram. Et pour démontrer l’importance de ce type d’alliance, courant à l’époque, je me sers du travail des autres (sourire). La note de la Bible de Jérusalem nous permet de mieux comprendre de quoi il s’agit. Je vous la cite : « Vieux rite d’alliance (Jr 34,18) : les contractants passaient entre les chairs sanglantes et appelaient sur eux le sort fait à ces victimes, s’ils transgressaient leur engagement. Sous le symbole du feu (cf. le buisson ardent, Ex 3,2 ; la colonne de feu, Ex 13,21 ; le Sinaï fumant, Ex 19,18), c’est Yahvé qui passe, et il passe seul car son alliance est un pacte unilatéral, voir Gn 9,9. C’est un engagement solennel, scellé par un serment imprécatoire (le passage entre les animaux partagés) »¹. Autrement dit, à l’époque, l’alliance conclue entre deux partis, concrétisée par le passage de chacun des contractants entre les morceaux d’animaux, était quelque chose de vraiment sérieux, un pacte définitif, qui engageait jusqu’à la mort².

   Cependant dans notre texte - comme cette note nous le suggère - il y a une différence entre l’alliance passée entre deux individus (deux rois par exemple) et celle passée entre Dieu et Abram (qui deviendra Abraham plus tard ; cf. Gn 17,1-8). En effet, l’auteur du texte rapporte que Dieu seul passe entre les animaux partagés, pendant qu’Abram tombe dans un « sommeil mystérieux », et qu’« un brasier fumant et une torche enflammée passent entre les morceaux d’animaux » (le feu symbolise la présence divine). Voilà une bonne nouvelle pour nous que ce pacte unilatéral – que Dieu seul a passé. Pourquoi ?

    Je commence par une évidence, celle qu’aucun être humain ne peut être l’égal de Dieu. Autrement dit, personne en ce monde - ni un homme accompli, ni une femme parfaite à nos yeux, ne sera jamais capable de répondre par une fidélité humaine à la fidélité de Dieu. Et pourtant, Dieu fait alliance avec Abram à jamais, en connaissant parfaitement l’imperfection de la fidélité humaine, souvent si fragile et de si « courte mémoire ». Pour exemple, si nous regardons les « alliances » que passent les dirigeants de ce monde, nous pouvons constater le peu de valeur qu’ont tous les traités signés avec Poutine.

     Et cela me conduit tout naturellement à notre baptême, qui est l’« alliance » personnelle de Dieu, en Jésus-Christ, avec chacun de nous à jamais , même si par le péché nous la trahissons. Dieu s’est manifesté en Jésus-Christ pour nous montrer à quel point Il est fidèle envers nous, dans son Amour inconditionnel.

     Dans notre première lecture, nous pouvons aussi constater que Dieu « s’est contenté » d’une seule chose de la part d’Abram. C’est qu’il « ait foi dans le Seigneur », c’est-à-dire qu’il fasse toute confiance en la fidélité de Dieu. D’ailleurs, nous lisons : « le Seigneur estima qu’il était juste ». C’est la confiance d’Abram qui l’a mis en route à la suite de Dieu, même si toutes les circonstance de sa vie (son âge ; l’âge et la stérilité de sa femme) semblaient faire obstacle à la confiance.

    Pour terminer, regardons notre évangile : Dieu demande « la même chose » concernant la mission de son Fils aux apôtres qui se sentent perdus: « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ». Donc mettons-nous en route, et mettons notre confiance en Dieu. La joie de notre propre résurrection, le renouvellement de notre propre vie en Dieu nous attendent.

Bon Dimanche à chacune et chacun de vous,
votre frère Bogdan

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¹Selon la note de la Bible de Jérusalem pour Gn 15,6. Éditions du Cerf 2000.
² « Dans l’ancien Orient, un suzerain et un vassal scellaient habituellement une alliance par une promesse de protection (de la part du suzerain), par un serment accompagné parfois d'une imprécation (prononcée par le vassal) et par un repas que partageaient les contractants. Dans cet épisode, l’imprécation est impliquée par l’immolation des animaux qui symbolise le châtiment du vassal en cas d’infidélité (voir Jr 34,18-19). Le partenaire d’Abraham est Ici Dieu lui-même et c’est encore lui qui s’engage par serment à tenir sa promesse envers le patriarche ; le récit souligne ainsi que l’initiative et l’avenir de l’alliance dépendent du Seigneur ». Selon la note de la TOB pour Gn 15,18 - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.