Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 14 au 22 MARS 2026(Historique de l'agenda) |
214. Dt 26, 4-10, I Dimanche de Carême, C, Réflexion 2025
Sœurs et Frères
Me voilà de retour de Pologne où j’ai eu la joie de voir la neige, que je ne trouve pas en hiver au Sud de la France - sourire. En plus, j’ai bien profité du « jeudi gras » (le dernier jeudi avant le mercredi des cendres) ; dans mon pays natal, nous mangeons pour cette occasion des beignets délicieux. Je ne vous dirai pas combien j’en ai mangé, c’est un secret absolu – clin d’œil avec sourire.
Quoiqu’il en soit, plutôt que de parler de ma gourmandise, il convient d’aborder avec vous la première lecture de notre premier dimanche du Carême. Il s’agit d’un texte qui provient du livre du Deutéronome. Ce livre ne nous est pas étranger et nous connaissons déjà le contexte de sa rédaction (pour cela vous pouvez revoir la réflexion n°189).
Donc, à la lecture de notre extrait, nous pouvons constater qu’encore une fois, nous avons affaire à des évènements d’une importance capitale pour les Israélites – la libération d’Égypte ainsi que le don de la « Terre promise » par Dieu. Autrement dit, une fois de plus, le texte nous renvoie à l’histoire du salut d’Israël. Dans ce contexte, il faut mentionner que cet extrait se trouve à la fin d’une des grandes parties du Deutéronome intitulée « Le Code Deutéronomique » (ou « Le Code des Lois »). Il s’agit, plus généralement des « Lois » concernant la vie sociale et le culte du Peuple Élu (cf. Dt chapitres 12 au 26).
Quelqu’un pourrait me dire ceci : « Père Bogdan, je comprends que la vie sociale et religieuse d’une communauté soit ‘organisée’ ; mais en quoi cela nous concerne-t-il aujourd’hui ? D’autant plus qu’on a cessé de faire offrande des prémices de nos récoltes ; une coutume que les Juifs avaient d’ailleurs eux-mêmes empruntée à d’autres cultures¹ » Ce constat n’est pas faux – sourire. Cependant nous avons ici quelque chose de beaucoup plus important qu’un simple rite à accomplir. Nous sommes, dans ce texte, les témoins d’un « Credo » pour chaque Israélite². Contrairement à d’autres cultes païens de l’époque (cananéen et autres), il ne s’agit pas d’apporter une offrande à une divinité pour recevoir ses faveurs.
Pour les Hébreux il s’agit de garder en mémoire tous les bienfaits que Dieu a accomplis pour le Peuple qu’Il a Lui-même choisi ; ce Peuple qui n’avait aucune espèce d’importance au regard des autres nations (cf. Dt 7, 7—8; cf. Os 11,1; 12,10; 13,4). Et ce que le texte met en valeur, c’est que l’esprit de reconnaissance envers Dieu unique et vivant, est plus important que l’offrande elle-même. La gratitude, qui est mon lien avec Dieu, doit être plus forte que mon offrande. Parce que la reconnaissance me rapproche de Dieu plus qu’une quelconque offrande, qui ne serait qu’un signe d’appartenance à ma religion. Ce n’est pas la même chose de donner, par exemple, une offrande à la quête en tant que membre de mon Église, que de partager avec mon Église – en tant que fils ou fille de Dieu - ce que Dieu Lui-même me donne, en bon Père, afin que je puisse vivre ; vivre et partager de ce qu’Il me donne.
Il serait bon, au début de ce Carême, de se poser la question suivante : « Où j’en suis avec ma gratitude envers Dieu qui a envoyé son Fils Unique pour me sauver ? »
Je termine ma réflexion avec ce psaume 102, qui nous donne une belle « image » de Dieu et de la gratitude d’un être humain :
« 1 Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
2 Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !
3 Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
4 il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse ;
5 il comble de biens tes vieux jours :
tu renouvelles, comme l'aigle, ta jeunesse.
6 Le Seigneur fait œuvre de justice,
il défend le droit des opprimés.
7 Il révèle ses desseins à Moïse,
aux enfants d'Israël ses hauts faits. »
Bon Carême et bon Dimanche à chacun et chacune de vous,
votre frère Bogdan
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¹« Chaque année, à l’occasion de la récolte, en certains pays du Proche-Orient ancien, on célébrait une fête en l’honneur de Baal, divinité de la fécondité et de la végétation. Le Dt modifie l’esprit de la fête, et sa profession de foi est centrée sur l’action de Dieu dans les événements, en particulier pendant la période privilégiée qu’est le temps de l’Exode ». Selon la note de la TOB pour Dt 26,5. Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.
²« La confession de foi des versets 5-9 résume l’histoire du salut, centrée sur la délivrance d’Égypte. Les mêmes éléments se retrouvent dans les ‘confessions’ de Dt 6 20-23 et, avec des développements, de Jos 24,1-13 et Ne 9,7-25. L’insistance sur le don de la terre où coulent le lait et le miel, v. 9, convient à cette déclaration qui est liée à l’offrande des prémices. Le silence sur les événements du Sinaï ne signifie pas que cette confession remonte à une tradition qui les ignorait. Le texte n’est pas très ancien et le rappel de la promulgation de la Loi n’entrait pas dans sa perspective ». Selon la note de la Bible de Jérusalem pour Dt 26,5. Éditions du Cerf 2000.