Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
211. Ml 3, 1-4, Dimanche 2 février - Fête de la Présentation du Seigneur au Temple, C, 2025
Sœurs et Frères
Ce dimanche où nous fêtons la Présentation du Seigneur au Temple, notre première lecture est un extrait du prophète Malachie (son nom, en hébreu, signifie « Mon messager »). Nous avons déjà abordé ensemble le contexte historique de ce petit livre lors de l’année liturgique « A » (cf. réflexion N°153). Donc, cela ne vaut pas la peine que je me répète – sourire.
Passons tout de suite à notre texte. Il est à la fois très évocateur et très profond. Pour le mieux comprendre, il faut se pencher sur deux éléments de lexique un peu « mystérieux ». Il s’agit tout d’abord du mot « messager » : ce messager qui doit préparer le chemin pour Dieu. Dans l’Ancien Testament le précurseur de Dieu est identifié à Élie (cf. Ml 3,23)¹. Dans le Nouveau Testament Jésus « présente la réalisation de cette prophétie dans la venue de Jean-Baptiste », (Mt 11,10 parallèle ; Mc 1,2 ; voir Lc 1,17 n.).²
L’autre expression à creuser est « le messager de l’Alliance », celui qui vient. La TOB, dans sa traduction, parle de l’« Ange de l’alliance », en expliquant dans une note de bas de page, que par « respect pour Dieu, on le fait souvent agir par un intermédiaire. Son action directe et celle de son intermédiaire sont exprimées souvent dans un seul et même texte »³. Autrement dit, cet « Ange de l’alliance » (ou ce « messager de l’Alliance » dans notre traduction liturgique) c’est Dieu lui-même. Et nous lisons donc que Dieu, précédé par son messager, viendra au Temple - le cœur de la vie religieuse des Israélites, le signe de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Cependant Dieu ne viendra pas n’importe comment : « Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s’installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l’or et l’argent ; ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice. ». La citation est peut-être un peu longue, mais nécessaire. Rassurez-vous, ce n’est pas pour remplir ma page – clin d’œil avec sourire.
Comme dans ma précédente réflexion sur le texte du prophète Malachie, nous sommes au début du Vème siècle av. J.-C. (probablement un peu après Néhémie). Les Israélites sont de retour d’Exil. Le Temple de Jérusalem est reconstruit, le culte est rétabli et accompli par les prêtres du Temple - « les fils de Lévi »⁴. En outre, vous le savez déjà, il n’y a plus de roi en Israël et les Hébreux sont toujours sous domination perse. Dans ce contexte, les prêtres du Temple jouent un rôle important auprès de leurs compatriotes. Ce sont eux qui, par leur autorité, doivent garantir la fidélité à la Loi de Dieu ; la Loi qui, bien évidemment, influence la vie et les relations sociales.
Or, nous constatons que dans le texte de Malachie, les lévites (on dirait : les prêtres) ont dû être purifiés, « affinés comme l’or et l’argent ». Pourquoi ? Tout d’abord parce que, négligeant les prescriptions du culte, ils ont manqué de respect à Dieu par leurs offrandes « souillées », (cf. Ml 1,6-10). Mais aussi parce que leur comportement était loin d’être juste à l’égard d’autrui (cf. Ml 3,5). Dieu ne voulait pas les éliminer, les punir en usant de sa puissance, mais les purifier comme l’or par le feu ou la lessive qui nettoie et blanchit le tissu. Tout cela, pour qu’il ne reste en eux que le plus noble : l’or le plus pur ou le tissu le plus blanc. Autrement dit, Dieu a voulu débarrasser leur vie du mal ; débarrasser leur vie d’un comportement mauvais qui éloignait, en conséquence, les Israélites de Dieu (cf. Ml 3,14-15).
Maintenant, je le sais, vous allez me dire (sourire) : « Que pouvons-nous personnellement tirer de ce texte de l’Ancien Testament ? » Tout d’abord, cette chose évidente : dans notre vie, quelle que soit notre position et notre degré de responsabilité, les choix que nous faisons, les actes que nous posons, ont une influence sur l’image que nous donnons de Dieu, et une influence sur la vie des autres - même si nous ne les connaissons pas. Autre constat : si malgré d’incroyables difficultés, on peut reconstruire les murailles d’une ville, un Temple magnifique ou une église comme Notre Dame de Paris, il est bien plus difficile encore de « reconstruire » le cœur d’un être humain pour qu’il soit fidèle à l’amour de Dieu, ou à la loi naturelle qui se trouve dans le cœur de chaque homme et femme et qui permet de discerner le bien du mal.
Une dernière chose. Dans notre société où nous avons plutôt tendance à faire valoir le « bon côté » de nous-mêmes (occultant ce dont nous ne sommes pas fiers), Dieu nous propose un autre chemin. Un chemin qui Lui permette de nous éclairer et de nous libérer du mal qui, à vrai dire, nous pèse beaucoup plus que cette image que nous voulons donner à voir aux autres.
Bon Dimanche à vous tous, votre frère Bogdan
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¹ Selon la note pour Ml 3,1 de la Bible Jérusalem, édition du Cerf 2000.
²’³ Selon la note de la TOB pour Ml 3,1 - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.
⁴« L’alliance avec Lévi concerne l'affectation exclusive de cette tribu au sacerdoce. La Bible ne la mentionne pas explicitement. Certains textes cependant laissent entrevoir qu’à partir de l’Exil la tribu de Lévi se considérait comme seule détentrice du sacerdoce en vertu d’une alliance Jr 33,20-22 (texte postexilique) ; Ne 13,29 ; Si 45,23-26. Ces passages se réfèrent à des textes plus anciens, mais moins formels Dt 18,1-8 ; 33,8-11 ; Nb 25,10-13 ». Voir la note de la TOB pour Ml 2,4.