Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
21. Mt 25,14-30, XXXIII Dimanche du Temps Ordinaire, Réflexion 2020
Depuis un certain temps, nous méditons les dernières paroles et les derniers actes du Christ à Jérusalem ; nous sommes à la fin de l’évangile de Matthieu. Notre récit suit celui de dimanche dernier – des dix vierges (cinq insensées et cinq avisées) et se trouve avant – « du jugement dernier » (Mt 25,31-46).
Dans notre évangile d’aujourd’hui il y a une phrase que j’adore (plus que le bon chocolat et même la tarte aux framboises ou à la mangue – c’est juste une petite parenthèse – sourire, nous revenons à la Parole de Dieu tout de suite). Cette phrase est : « À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a » (v. 29). Elle n’est pas logique cette phrase, n’est-ce pas ? Nous allons y revenir.
Maintenant nous faisons demi-tour pour nous pencher sur la sévérité de cet homme riche, qui avant de partir, confia ses biens à ses serviteurs – cinq, deux, et un talents. Et nous savons comment il traita ses serviteurs après son retour. Mais, est-ce que ce riche ne pouvait pas être moins sévère ou plus compréhensif avec celui qui, ayant peur, cacha l’argent de son maître dans la terre ? Il n’a rien gagné, c’est vrai, cependant il n’a pas perdu, au moins ce seul talent qu’il a reçu. Et un talent ce n’est pas rien même aujourd’hui. C’est l’équivalence de plus de trente quatre kilogrammes d’or qui était une somme inimaginable à l'époque de Jésus. En plus, est-ce que ce maître ne pouvait pas être plus indulgent en sachant que les deux autres serviteurs ont bien gagné à son profit.
Le comportement de ce maître envers son serviteur « mauvais et paresseux » peut être choquant parce que nous savons très bien que, dans cette parabole du Christ du Royaume des cieux, le Maître c’est Dieu.
Dans notre évangile nous lisons que le Maître confia ses bien à chacun de ses trois serviteurs selon leurs « capacités ». Dans notre vie quotidienne chacun de nous peut se dire: « j’ai tel ou tel talent, et donc je suis capable de faire ceci ou cela ». Or, ici il ne s’agit pas des talents innés ou des capacités acquises. Pour nous approcher au plus près du texte, je préfère une autre traduction de ce mot « capacités ». Nous pouvons dire aussi que le Maître a donné « à chacun selon sa force particulière »*. Cette traduction me paraît plus proche du mot grec « dynamis » que nous traduisons par « capacités », parce que ce mot signifie aussi la puissance, la force qui vient de Dieu (voir par exemple Lc 24, 49; Actes 1, 8; Ep 3, 20). Il s’agit de l’Esprit de Dieu qui opérait en Jésus Christ et qui veut déterminer la vie de chaque chrétien. Le problème de ce serviteur, qui a enterré le talent, ce n’est pas qu’il n’a pas eu « la force particulière » en lui. Le Maître s’adapta à lui en lui confiant la tâche qui n’était pas hors de ses capacités. Le problème de ce serviteur, c’est qu’il ne voulait pas coopérer avec cette force en lui, il n’avait pas confiance en elle et en conséquence, il a coupé la relation avec son Maître par la peur. Saint Jean nous prouve : « Il n’y a pas de crainte dans l’amour, l’amour parfait bannit la crainte ; car la crainte implique un châtiment, et celui qui reste dans la crainte n’a pas atteint la perfection de l’amour » (1 Jn 4, 18).
Donc ce n’est pas une l’histoire d’argent. Parce que pour ce Maître l’argent malgré des sommes énormes c’est « peu de choses ». Le but, c’est de nous confier de plus en plus et de nous faire « entrer dans la joie du seigneur ». Dieu n’a rien à gagner, tout pour notre bonheur et notre joie. Si nous, les chrétiens, nous n’avons pas la joie d’être des serviteurs choisis par Dieu, c’est notre problème. Peut-être au fond de nos cœur il y a une méfiance envers Dieu ?
Alors, j’adore cette phrase citée au début de ma réflexion parce qu’elle me paraît tout à fait logique. Ceux qui vivent leur foi fondée sur le ritualisme sec et la conviction qu'ils n'ont rien à se reprocher ; ceux qui ne cultivent pas leur relation avec Dieu et leur prochain (voir l’évangile suivant « du jugement dernier » - Mt 25,31-46) seront privés de tous ces illusions (être bien ,correct, autosuffisant…..). Parce que « celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a » (v. 29). Chez Dieu il n’y a pas d’égalité selon ce monde, il y a beaucoup plus : c’est le bonheur et la joie de se mettre à son service ; il y a la générosité incroyable de Dieu qui s’ajoute après chaque acte de confiance et de l’amour désintéressé.
En nous référant à la situation pandémique on peut dire que le « Maître est parti » puisque nous ne pouvons pas aller à la Messe dominicale. Et pourtant, à chacun de nous, Il nous a laissé des talents – cinq, deux, et un talents, « selon notre force particulière » pour nouer notre relation avec Lui et notre prochain. Cela dépend de chacun de nous personnellement - c’est être « fidèle pour peu de choses ».
***
Frères et Sœurs ce Dimanche dans notre Église catholique, nous avons la 4ème JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES sur le thème : « Tends ta main au pauvre » (Si 7, 32). Pensons à eux !
Voici le message du Pape Francois :
http://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/poveri/documents/papa-francesco_20200613_messaggio-iv-giornatamondiale-poveri-2020.html
Bon Dimanche à tous,
Avec ma prière et mon sourire, votre frère Bogdan
**********
*https://theotex.org/ntgf/matthieu/matthieu_25_gf.html