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 204. Mi 5, 1-4a, IV Dimanche de l’Avent, C, Réflexion 2024

Sœurs et Frères

    Ces dernières semaines nous allons de découverte en découverte en abordant ensemble, pour la première fois, certains passages de l’Ancien Testament. Et c’est encore le cas pour ce IVème Dimanche de l’Avent, avec notre première lecture tirée du livre du prophète Michée. Bien évidemment l’extrait de ce livre n’a pas été choisi au hasard par notre Église. Il l’a été dans le but de nous aider à nous préparer à l’une des plus grandes Fêtes de notre religion. Nous lisons ce texte pour le dernier dimanche de l’Avent, parce que « la tradition judéo-chrétienne a constamment vu dans cet oracle une prophétie messianique annonçant l’avènement d’un personnage à venir, chargé de gouverner Israël. Ses origines sont celles de la famille royale de Juda. Car, né à Bethléem et berger du troupeau messianique, il fait figure de nouveau David (voir 1 S 16 ; 2 S 5,2 ; 7,8). Matthieu a vu la réalisation de cette promesse en la naissance même de Jésus (Mt 2,6) [Voir aussi Jn 7,42] »¹.

    Nous ne pouvons cependant pas nous contenter de ce simple constat, n’est-ce pas – sourire. Il nous faut voir cette prophétie dans son contexte historique. Ainsi, lorsque Michée prophétise, aucun de ses compatriotes n’avait en tête la référence à Jésus-Christ. Sachons aussi que Michée vivait au VIIIème siècle av. J.C. et qu’il fut le témoin de deux événements tragiques pour les Israélites. Ce fut d’abord la chute de Samarie (royaume du Nord), survenue en 722 av. J.C. après une série de crises dynastiques (cf. Mi 1,6-7), puis le siège de Jérusalem (royaume de Juda ou du Sud) par le roi assyrien Sennakérib en 701 av. J.C.
Dans ces événements tragiques Michée voyait « le jugement d’un Dieu qui ne supporte pas l’injustice, conséquence inéluctable du péché d’Israël, à savoir notamment l’injustice sociale et la compromission avec les cultes étrangers »² (pour l’accusation d’Israël voir chapitres, 1-3).


    Et c’est dans ce contexte que nous pouvons maintenant nous pencher sur cette prophétie, une belle promesse pour les Juifs, une promesse qui, pour nous les chrétiens, s’est réalisée en Jésus-Christ. Je vous rappelle les première phrases de notre récit : « Ainsi parle le Seigneur : « Toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël ». Je vous donne aussi la traduction de la TOB, qui souligne « un détail », très important à mon avis : « Et toi, Bethléem Ephrata, trop petite pour compter parmi les clans de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël »³.
Ces deux traductions soulignent donc qu’à l’époque, Bethléem en Juda (il existait un autre Bethléem en Galilée sur le territoire de la tribu de Zabulon) était un village sans importance - « le plus petit » ou « trop petit(e) ». Ephrata était aussi un tout petit clan de la tribu de Juda (ce nom d’Éphrata, signifie « la féconde »)⁴. Et pourtant, c’est dans ce petit village sans importance, Bethléem, parmi des gens « ordinaires », que le prophète Michée annonce la naissance du Messie. Tout cela m’amène à cette réflexion. Le prophète annonce l’actualité de la promesse de Dieu dans un contexte très difficile pour Israël. Alors comment ne pas imaginer la perplexité de beaucoup de Juifs qui entendaient que, dans ce contexte troublé, dans un village sans importance, et de la façon la plus anonyme possible, allait venir le Messie – Celui que les Juifs attendaient pour qu’Il sauve son peuple.
    Alors, nous les chrétiens qui allons fêter la naissance du Messie - qui pour nous, est déjà venu - réfléchissons à ceci : sa naissance dans notre cœur ne renvoie pas (comme pour les Juifs à l’époque de Michée) à une situation politique, familiale ou personnelle. Elle relève tout simplement du désir de notre cœur - la seule chose importante pour accueillir à nouveau Jésus dans notre vie, ou pour Le laisser au dehors.

    Jésus, qui peut venir sans qu’on le perçoive, de façon surprenante, mais qui malgré toutes nos difficultés, peut combler notre vie plus que toutes les choses de ce monde. Jésus, Qui peut nous combler d’une joie incomparable dont témoigne, dans notre évangile, la rencontre de Marie avec Élisabeth.

     Posons-nous aussi ces questions : Est-ce que je donne ma foi à la « fécondité » de Jésus qui ne cherche qu’une chose : une place dans mon cœur ? Est-ce que j’ai le courage de me faire tout petit devant Dieu qui « a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu (1 Co1,27-29) » ?

Bon Dimanche à chacune et chacun de vous, dans la joie de la naissance de Jésus-Christ dans notre vie, dans quelque jours déjà - sourire,
votre frère, Bogdan

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¹Selon la note de la TOB pour Mi 5,1. Traduction œcuménique de la Bible, édition du Cerf 2012.
² « Fausse sécurité, dénonce Michée. Si Dieu reste fidèle à ses engagements, l’homme peut ne pas tenir les siens. Or, à Jérusalem, la vénalité des grands prend une dimension effrayante, les prophètes et les juges pensent plus à leurs profits qu’à la vérité et à l’équité dont ils sont responsables. Le fossé s’est élargi entre les possédants et les pauvres, et la situation sociale est déplorable. Les cultes sont célébrés avec faste mais ils n’impliquent aucune conversion du cœur. Ce mal s’avère tellement radical que Samarie et Jérusalem deviennent comme la personnification du péché (Mi 1,5) »
Voir l’introduction pour livre de Michée de la TOB. Traduction œcuménique de la Bible, édition du Cerf 2012.
³https://abf.ibep-prod.com/bible/TOB/MIC.5
⁴Selon la note de la Bible De Jérusalem pour Mi 5,1. Éditions du Cerf 2000.