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Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
203. So 3, 14-18a, III Dimanche de l’Avent, C, Réflexion 2024
Sœurs et Frères
Toujours dans l’Ancien Testament, nous avons à méditer aujourd’hui, pour la première fois, un texte du livre du prophète Sophonie (vous pouvez le lire intégralement car il est très court). Si vous voulez avoir des informations plus complètes, je vous encourage à lire aussi l’introduction de ce livre, dans la Bible que vous possédez à la maison. Bien évidemment les lecteurs « modernes » peuvent se servir d’internet - sourire. En ce qui me concerne, je vais vous donner quelques éléments que je trouve nécessaires pour mieux approcher notre extrait. Nécessaires, pourquoi ? Parce qu’à priori le texte paraît clair et l’on pourrait me dire : « Bogdan cet extrait nous appelle à la joie car la Fête de Noël approche. Jésus va venir, Emmanuel, qui sera avec nous comme Dieu l’était avec le Peuple Élu ». C’est vrai, mais il aussi intéressant d’examiner ce récit dans son contexte historique, largement antérieur à la venue de Jésus.
Donc, en ce qui concerne Sophonie, il prophétisait au VIIe siècle av. J.C. Il était actif à Jérusalem, tout particulièrement à l’époque du roi Josias (règne 640-609 av. J.C.). Ce dernier, profitant de l’affaiblissement de l’empire Assyrien, avait lancé une grande réforme du royaume du Juda, incluant une importante réforme religieuse (début de sa réforme, 622 av. J.C.) ; une réforme indispensable car le comportement des rois précédents avait causé beaucoup de dégâts en Israël. Je pense notamment au roi Manassé (avant Josias) qui, pendant son long règne (398-640 av. J.C.), était devenu le vassal des Assyriens au point de se détourner du Dieu d’Israël et de pratiquer l’idolâtrie par le culte des faux dieux païens. Il leur avait même construit des sanctuaires et avait profané le Temple de Jérusalem en sacrifiant des enfants d’Israël au dieu ammonite Milkom (ou Mélek, Moloch) (2 Ch 33,2-6.21-22 ; 2 R 21,1-9). Suivant l’exemple du roi et de sa cour, de nombreux Juifs avaient alors abandonné leur religion (à l’exception d’un petit « noyau » toujours fidèle à l’Alliance avec le Dieu Unique). En outre, comme ces Juifs infidèles refusaient d’entendre l’appel à la conversion lancé par le prophète (So 2,3 ; 3,2), ils ne pouvaient attendre de Dieu que punition et abandon.
Or, « bizarrement » me semble-t-il, dans ce même chapitre 3, après les oracles contre Jérusalem, nous trouvons notre texte qui appelle les Juifs à la joie. Et c’est un message très fort puisque la « fille de Sion », c’est-à-dire Jérusalem toute entière (Sion est une des collines de la ville), est appelée à « pousser des cris de joie ». Quelle est la cause de cette joie et de quelle joie s’agit-il ?
La réponse, nous la trouvons dans la note de la TOB. Je vous la cite : « Dans ce verset où Sophonie accumule les synonymes, il faut remarquer que la joie naît du pardon et de l’amour, de la fin de la peur et de la présence de Dieu (v. 15-17). Noter que la joie, telle que la comprend le prophète, n’est pas seulement « intérieure », mais qu’il la conçoit comme très exubérante »¹.
Mes chers lecteurs, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, cet éclairage justifie la joie qui emplit mon cœur à l’approche de cette belle Fête de Noël. Parce qu’Il va naître de nouveau, dans mon cœur, Jésus, Celui en Qui je peux avoir chaque jour amour et pardon de Dieu. Autrement dit, Celui qui vient n’est pas une présence anonyme et lointaine, c’est Quelqu’un qui veut combler ma vie par l’amour et le pardon. Il s’agit d’une présence constante et infatigable, d’un amour inconditionnel, du pardon qui m’accueille et qui me relève.
Et même les personnes non croyantes seront d’accord avec un curé ordinaire (sourire), car elles savent bien que, ce qui comble leur vie plus que tout autre chose et leur apporte une joie extraordinaire, c’est la présence de quelqu’un auprès d’elles, avec son amour et son pardon. N’est-ce pas ? - sourire.
Bon Dimanche et bon « été » à chacune et chacun de vous, dans la joie parce que notre Seigneur arrive,
Votre frère, Bogdan
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¹Selon la note de la TOB pour So 3,14. Traduction œcuménique de la Bible, édition du Cerf 2012.