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 202. Ba 5, 1-9, II Dimanche de l’Avent, C, Réflexion 2024

Sœurs et Frères

    Si ma mémoire est bonne, c’est la première fois que nous abordons ensemble un extrait du livre du prophète Baruch (j’ai quand-même vérifié, on ne sait jamais – sourire). Je me sens donc obligé de vous donner quelques informations pour mieux situer l’extrait qui nous est proposé aujourd’hui. Tout d’abord ce livre qui nous est parvenu en grec, ne fait partie du Canon de la Bible hébraïque ni, par conséquent, de la Bible protestante. Et, bien évidemment, sa datation est problématique (dernière rédaction datée du IIe siècles av. J.-C). De plus, l’auteur du texte - si l’on peut le nommer ainsi car il y en a eu plusieurs - est inconnu. En effet, il ne s’agit pas réellement de Baruch, le « secrétaire » du célèbre et grand prophète d’Israël, Jérémie¹. Mais notre rédacteur devait avoir une telle admiration et estime pour Jérémie qu’il a repris, comme pseudonyme, le nom de son secrétaire, Baruch qui avait suivi son maître, même en Égypte, jusqu’à sa mort.

    Cela me permet déjà d’établir un rapport avec notre société. À savoir qu’aujourd’hui on n’hésite pas, grâce aux nouveaux moyens de diffusion, à utiliser le travail d’autrui pour son propre compte, afin d’en tirer profit et succès ; à tel point que des dispositions ont été prises pour sanctionner ce plagiat. À l’époque au contraire ce procédé était courant, car on travaillait pour honorer le nom de quelqu’un que l’on appréciait, afin que « son esprit » perdure malgré le passage du temps.

     Quoi qu’il en soit, mes chers lecteurs, nous avons ici un texte qui, pour nous catholiques, est sacré et donc rempli de l’Esprit de Dieu, et qui a pour but de toucher notre esprit humain, comme ce fut le cas de son auteur. Il se situe dans la quatrième et dernière partie du livre de « Baruch » intitulée, selon la TOB, « exhortation et consolation de Jérusalem » (cf. Ba 4,5-5,9). Cependant, même si ce texte nous parle de l’Exil à Babylone, il fut rédigé beaucoup plus tard, alors que cet événement tragique pour les Hébreux, était déjà inscrit dans leur Histoire. Ce texte était adressé aux Juifs de la Dispersion (ce que l’on appelle la « Diaspora »). Il était adressé à tous les exilés de Jérusalem, afin de les soutenir dans cette période troublée.
     Et ce n’est pas un hasard si l’Église a choisi cet extrait. Il nous prouve, en effet, que Dieu n’oublie pas les siens, où qu’ils vivent, exilés par les bouleversements de l’Histoire. D’autre part, il révèle que, quelle que soit la situation, nous ne devons jamais perdre l’espérance. Je parle de l’espérance qui se nourrit du désir du cœur, fondée sur l’amour et la proximité de Dieu, et qui apporte « Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu » (v. 4). Autrement dit, un chrétien comme un Juif, peut toujours nourrir sa vie de la paix qui vient de la justice et de la piété envers Dieu.

     Nous ne savons pas qui était exactement l’auteur de ce livre. Nous ne savons pas qui étaient exactement les personnes à qui ce message était adressé. Mais nous savons ce qu’ils avaient en commun : l’espérance que Dieu était là, au milieu des épreuves de leur vie. Et cette espérance est le point fort et infaillible sur lequel chacune et chacun de nous peut s’appuyer pour emprunter le chemin de la conversion dont parle notre évangile - « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ».

Bon Dimanche à chacune et chacun de vous, avec ma prière et mon irremplaçable sourire,
votre frère Bogdan

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¹ « Les nombreux écarts entre les informations des écrits contemporains de la prise de Jérusalem et de l’Exil, et les données de Baruch rendent impossible l’attribution de cet ouvrage au « secrétaire » de Jérémie (voir notes en Ba 1,1.2.8.10.12 et 14). Le livre relève donc de la littérature pseudonymique ; la pseudonymie implique un auteur différent, mais aussi une autre situation et d’autres destinataires que ceux énoncés dans le texte. » Voir plus dans l’introduction au livre de Baruch de la TOB, pages 1931-1933. - Traduction œcuménique de la Bible, édition du Cerf 2012.