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 201. Jérémie 33, 14-16, I Dimanche de l’Avent, C, Réflexion 2024

Sœurs et Frères

    Tout d’abord, je voudrais remercier tous ceux qui m’ont suivi fidèlement au long de mes 200 réflexions (sans compter celles de la période Covid-19). Merci pour vous et… bien évidemment, pour moi, un bon petit gâteau aux framboises au dessert, puisque c’est aujourd’hui l’« anniversaire » de cette entreprise ! - sourire.

    Depuis le début de notre année liturgique 2024, voilà déjà ma quatrième réflexion sur le livre du prophète Jérémie. Vous n’avez donc pas besoin d’une introduction à ce livre, qui nous présente entre autres, la chute de Jérusalem et le royaume de Juda. Néanmoins, je dois vous dire que les versets que nous avons à méditer, selon les biblistes, ne viennent pas directement de Jérémie, qui est sans doute l’auteur des grandes parties du texte (VIe siècle av. J.-C.) ¹. Mais, même si ce passage ne vient pas directement du prophète - et ajouté beaucoup plus tard - cela ne nous empêche pas de nous pencher sur ce texte sacré, n’est-ce pas ? – sourire. Celui qui a repris les idées et le style de Jérémie – une pratique habituelle à l’époque - avait des raisons pour le faire. On peut penser qu’il avait été touché par le message du prophète et qu’il avait senti la nécessité de le rappeler au peuple Élu, dans le contexte difficile de l’époque.
    Cependant ce message peut paraître bizarre et inapproprié à la réalité. En effet, cet oracle de salut décrit le « bonheur réservé à Israël » et lui promet notamment le « rétablissement définitif de la royauté inaugurée par David, et du sacerdoce lévitique (versets 14-22) »² ; alors même que les Juifs depuis longtemps, après de la chute du royaume de Juda, n’avait plus ni royauté ni roi. Et pourtant la promesse est claire…
Quelqu’un me dira alors : « Bogdan nous avons un problème, ‘ça ne colle pas’ … ». Je répondrai en disant que le rédacteur de cette partie du texte (Jr 33, 14-26), même s’il n’était pas le prophète, et malgré la chute du royaume de Juda depuis environ 300 ans, gardait dans son cœur, comme Jérémie, cette conviction que Dieu tient toujours ses promesses et qu’il n’abandonne pas son Peuple. Dieu qui ne revient pas sur la promesse faite au roi David, malgré l’infidélité et les péchés de son Peuple (2 S 7,8-17 ; 23,5 ; Ps 132 [131], 10-11).



     Et cela nous concerne ! Pourquoi ? Parce que nous sommes les disciples d’un Juif – Jésus de Nazareth - qui tout d’abord, comme chacun de ses compatriotes, est porteur de cette promesse. Et qu’Il est devenu, pour nous les chrétiens, « la pierre d’angle » de notre vie (cf. Mt 21,42). Ma vie, qui peut toujours se transformer, même si à l’extérieur de moi rien ne change. Même si la réalité semble devenir de plus en plus effrayante et plus forte que moi (voir l’évangile).
Ce qui est toujours possible pour moi, c’est le changement de mon cœur dans lequel, comme le Christ, je peux adorer Dieu « en esprit et vérité » (cf. Jn 4,23-24). En d’autres termes, s’il n’est pas possible de changer les conditions extérieures de ma vie, il est certainement toujours possible de changer mon intérieur, mon âme. Là où je cultive cette espérance que Dieu, en Jésus Christ, n’abandonne aucun de ses enfants.

     C’est dans le contexte de cette espérance qu’en ce premier dimanche de l’Avent, chaque chrétien se prépare à la fête de Noël. Un chrétien n’attend pas Noël. Il se prépare intérieurement, activement, à la naissance de Jésus en allant à sa rencontre. Lui, le Christ, qui a changé l’histoire du monde et qui toujours peut changer la mienne. Lui, qui peut faire que ma propre vie ne m’apparaisse pas comme un petit ruisseau, toujours en danger de disparaître, mais comme un fleuve jaillissant qui peut même, par ma propre espérance, irriguer la vie d’autrui.

Bon Avent à chacune et chacun de vous, vers la découverte de la Source de ma vie.
Avec ma prière, frère Bogdan

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¹ « Ce passage, qui n’est pas de Jérémie et manque dans le grec, décrit les institutions du peuple messianique de la même manière que Za 4 1-14 ; 6 13 » Selon la note de la Bible de Jérusalem pour Jr 33,14. Bible de Jérusalem Éditions du Cerf 2000. Le note de la TOB pour Jr 33,14 précise que ce qui manque ce sont les verstes 14 à 26. Traduction œcuménique de la Bible, édition du Cerf 2012.
Autrement dit ces versets figurent dans la Bible en hébreu mais pas dans la traduction en grec pour les Juifs en Alexandrie qui ne comprenaient plus l’hébreu (la traduction réalisée vers 250 av. J.C.). La datation historique de ce livre s’étend à la période entre le IVe siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C. Voir - https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_de_J%C3%A9r%C3%A9mie
² Selon la note de la TOB pour le chapitre 33 - Traduction œcuménique de la Bible, édition du Cerf 2012.