Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
200. Dn 7, 13-14, Solennité du Christ Roi de l’Univers, B, Réflexion 2024
Sœurs et Frères
Ouf !!! Quelle chance de vous avoir donné dimanche dernier, une introduction sur l’auteur, le contexte historique et la rédaction du livre de Daniel – sourire. Dans ce cas, je pourrai aller plus vite aujourd’hui - plus vite encore que le TGV en France – clin d’œil avec le sourire.
Nous avons donc ici, au chapitre 7, la première vision de Daniel présentée sous la forme d’un rêve symbolique, d’abord raconté (Dn 7, 12-14) puis expliqué (Dn 7, 15-28)}¹. C’est un rêve complexe. L’auteur évoque d’abord quatre bêtes monstrueuses venues de la mer, puis il s’attache à la quatrième bête, la plus redoutable. Elle a dix cornes, auxquelles vient s’ajouter une onzième corne plus puissante que les autres. Il s’agit là d’un récit codé, qui renvoie à des réalités très sombres vécues par le peuple juif. Ces cornes incarnent une série de dix rois et d’un onzième dont la bouche « tenait des propos délirants » (Dn 7,8). Ce dernier peut être assimilé au roi païen Antiochos IV Épiphane (175 -163 av. J.-C.) et à ses persécutions. La description qu’en fait le narrateur souligne sa force aveugle et son arrogance blasphématoire à l’égard des Juifs, de leur foi et de leur fidélité au Dieu Unique d’Israël. D’ailleurs, pour mieux comprendre ce récit, je vous conseille de lire intégralement le chapitre.
Les Juifs savaient très bien de quoi parlait l’auteur d’une telle vision. De même, ils savaient très bien interpréter la suite, rapportée dans notre 1ère lecture : « les nuées du ciel » représentent le monde divin et le Vieillard représente leur Dieu. Cependant pour vous dire qui est représenté dans l’expression un « Fils d’homme », qui « parvint jusqu’au Vieillard », ce n’est pas si simple. On ne peut pas se contenter de la traduction littérale, parce que « l’araméen bar nasha’, comme l’hébreu ben ’adam, sont équivalents à « homme »². Et il serait « trop facile » pour nous les chrétiens de se dire immédiatement : « Voilà, dans ce personnage de l’Ancien Testament, la figure du Christ³. » Pour mieux comprendre ce texte, nous devons rester au IIe av. J.-C.
Alors pour vous expliquer cela le plus simplement possible, je vais me servir du travail des autres (sourire). L’École Biblique de Jérusalem interprète la vision de Daniel de la manière suivante : « L’apparition de celui qui est comme un fils d’homme intervient après la vision des quatre bêtes et l’installation du tribunal divin (...) ce fils d’homme représente la communauté des saints du Très-Haut livrés (...) durant environ trois ans et demi, puis justifiés et exaltés après la terrible épreuve. C’est une figure collective désignant Juda au moment de la persécution d’Antiochus Epiphane (167-164), mais aussi la personne du chef eschatologique à qui seront confiés un empire éternel et un royaume indestructible. »⁴. Et la note de la TOB nous apporte aussi son éclairage, à savoir que : « Le Fils de l’Homme ne va pas de Dieu vers les hommes ; il vient vers Dieu en vue d’une intronisation solennelle. La chose se comprend, s’il représente le peuple des Saints du Très-Haut, appelé à participer à la royauté de Dieu lui-même »⁵.
Bref ! Nous avons ici la représentation d’une partie de la cérémonie royale, de l’intronisation solennelle d’un nouveau roi (un peuple ou une personne) qui prend possession de son royaume. Et tout cela à un moment où la royauté en Israël a disparu depuis longtemps. Donc, qu’est-ce qu’un texte adressé aux Juifs éprouvés pas les persécutions de l’époque, pourrait nous apprendre, à nous les chrétiens de notre temps ?
Tout d’abord qu’il y a un royaume indestructible qui n’est pas de ce monde. C’est le royaume de l’Esprit de Dieu, plus fort que tous les pouvoirs de ce monde. Dans notre évangile, l’attitude de Jésus devant Pilate en témoigne. C’est un royaume où il n’y a ni dominants ni soumis. Un royaume où chacun peut régner à une seule condition – la docilité à l’Esprit de Dieu, qui me permet pleinement de participer à cette royauté. Et cette royauté a la joie de se partager avec les autres, et non de préserver une exclusivité. Cette royauté qui n’exclut pas et cherche à servir ; cette royauté que chaque personne, qui croit en cet Esprit d’Amour, peut porter dans son cœur au milieu des épreuves de la vie.
Bon Dimanche à vous tous, et gardons la joie d’avoir dans nos cœurs un Roi si proche de nous – notre Seigneur et notre Frère, Jésus-Christ
votre frère Bogdan - sourire
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¹Selon la note pour Dn 7,1 de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.
²Selon la note de la Bible de Jérusalem pour Dn 7,13. Éditions du Cerf 2000.
³On sait, d’autre part, que la venue du Fils d’Homme sur les nuées du ciel sera évoquée à plusieurs reprises par Jésus (Mc 13,26 parallèle ; Mt 25,31 ; Lc 17,22-30), comme expression de sa propre espérance. Sur la base de sa réponse à l’interrogatoire de Caïphe, elle deviendra finalement la représentation classique de sa manifestation en gloire (Mc 14,62 parallèle ; Ac 7,55-56 ; Ap 1,13 ; voir 19,11-16). Selon la note pour Dn 7,1 de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.
⁴https://fr.wikipedia.org/wiki/Fils_de_l%27Homme#:~:text=Le%20Fils%20de%20l'Homme,il%20parle%20de%20lui%2Dm%C3%AAme.
⁵Selon la note pour Dn 7,13 de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.