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 198. 1 R 17, 10-16, XXXII Dimanche du Temps ordinaire, B, Réflexion 2024

Sœurs et Frères

    Si ma mémoire est bonne, c’est la première fois que nous abordons ensemble un extrait des livres des Rois. Quelques informations donc, pour mieux situer l’extrait qui nous est proposé aujourd’hui. La rédaction de ces livres (Premier livre des Rois et Deuxième livre des Rois) est assez tardive et la datation problématique. Compte tenu des événements qui en forment le contenu, nous pourrions dire qu’ils ont été écrits après la chute du royaume de Juda - 586 av. J.-C. Or, selon les spécialistes, « ce texte aurait été achevé entre le IVe et IIe siècles av. J.-C. »¹. On peut donc en déduire que ces livres sont une compilation de plusieurs textes et qu’ils sont le fait de plusieurs auteurs, même si la tradition juive les attribue au prophète Jérémie. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas vraiment un problème pour nous. On peut, n’est-ce pas, admirer des œuvres d’art sans se préoccuper du contexte de leur création et des intentions de leurs auteurs. Ce que l’on attend d’une œuvre véritable (tableau, symphonie, livre…) c’est qu’elle nous touche, nous fasse réfléchir, parfois change notre vie. Et il en est ainsi de la Bible : en dépit des difficultés de datation, nous pouvons toujours l’admirer et nous laisser toucher par la Parole de Dieu. Cette Parole écrite par des hommes qui ont su « coopérer » avec Dieu, pour changer notre vie et pour notre plus grand profit.
    Pour en finir avec cette introduction, je voudrais vous signaler qu’à l’origine, ces deux livres n’en formaient qu’un, appelé « Melakhim » en hébreu - les Rois [la division en deux livres apparaît dans les manuscrits juifs à partir du XVe siècle à cause de la taille (gabarit, grandeur) du volume du texte en rouleaux]² . Comme vous pouvez le deviner, ce livre (ou ces deux livres dans notre Bible) raconte l’histoire des rois des deux royaumes d’Israël (celui du Nord – chute en 721 av. J.-C. ; et du Sud – chute en 586 av. J.-C). Et, bien évidemment, auprès de ces rois, nous trouvons de grands prophètes d’Israël qui ne cessent de les « corriger » lorsqu’ils abandonnent la Loi de Dieu. Quand et comment ? C’est à vous de le découvrir à travers cette histoire passionnante qui relate quatre siècles de l’histoire mouvementée d’Israël et du Moyen-Orient.

    Dans notre récit de ce dimanche, nous trouvons un célèbre prophète du royaume du Nord (on dit aussi, royaume d’Israël), Élie, qui a franchi la frontière et se trouve à Sarepta, dans le royaume de Sidon (aujourd’hui le Liban). Et dans cette ville phénicienne et païenne, il rencontre une veuve. Celle-ci n’a absolument rien à voir avec lui, ni avec son Dieu.


Mais avant toute chose, pourquoi Élie se trouvait-il là-bas ? Il s’y trouvait parce que le roi Achab, avait épousé Jézabel - la fille du roi de Sidon (IXème siècle av.J.C.). Or, celle-ci avait importé en Israël le culte du dieu païen Baal - dieu de la fertilité, de la pluie, de la foudre et du vent. Et le roi Achab s’était tourné vers le dieu de Jézabel, trahissant ainsi son propre Dieu, sa propre religion. Ces trahisons ne furent pas sans conséquences et provoquèrent l’intervention d’Elie, comme le rapporte le livre : « Le prophète Élie, de Tishbé en Galaad, dit au roi Achab : ‘Par le Seigneur qui est vivant, par le Dieu d’Israël dont je suis le serviteur, pendant plusieurs années il n’y aura pas de rosée ni de pluie, à moins que j’en donne l’ordre’» (1 R 17,1). Et c’est ainsi, qu’après cette annonce, Élie, inspiré par Dieu, part à Sarepta : « Lève-toi, va à Sarepta…j’ai ordonné là-bas à une veuve de te ravitailler. »

    Or nous constatons que la femme vers qui Élie est envoyé, se trouve dans une situation extrême. Elle et son fils n’ont presque rien à manger³. Elle sait qu’ils mourront inévitablement de faim. Et pourtant, le prophète ose demander qu’elle lui prépare un petit pain à manger. Qui plus est, il demande à être le premier servi : « Cuis-moi d’abord une petite galette ». Et cette femme obéit à la demande d’un prophète qui n’était pourtant, ni de sa nation, ni de sa religion. Elle lui fait confiance. Comme la veuve de l’évangile de ce jour qui a donné « tout ce qu’elle avait pour vivre ». C’est alors qu’un miracle se produit. Et pas un seul d’ailleurs : d’abord les provisions ne s’épuisent pas, et ensuite, dans ce même chapitre, Élie ressuscite d’entre les morts le fils de cette pauvre femme (cf. 1 R 17,17-24).

     En réfléchissant à ces évènements, nous pourrions dire qu’il y a quelque chose d’illogique dans le comportement de cette femme : voilà une païenne, confiante en la parole du Dieu d’Israël ! « Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre ». Cependant, avant même le miracle de la « multiplication constante de la farine et de l’huile », un autre « miracle » s’est déjà produit dans le cœur de cette veuve. Un « miracle » qui - je dirais - était à sa portée. Un miracle qui a provoqué les suivants – la nourriture pour survivre et la résurrection du fils. Ce « miracle », c’est bien évidemment la confiance - sourire. La confiance qui touche le « cœur de Dieu », Lui qui nous donne toujours le nécessaire pour notre existence. Lui qui voit plus profond, comme le prouve aussi notre évangile. Dieu qui est le seul à voir ce que nous Lui offrons réellement du fond du cœur. Parce que pour Dieu, comme pour nous tous, c’est toujours la qualité et non la quantité qui compte. N’est-ce pas la vérité, mes chers lecteurs ? – sourire.

Bon Dimanche à toutes et tous
votre frère Bogdan

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¹’² https://fr.wikipedia.org/wiki/Livres_des_Rois_(Bible)
³ « Les veuves et les orphelins, privés de la présence du chef de famille, étaient de ce fait les opprimés de la société d’alors (voir Is 1,23 ; 10,2). Ils ne pouvaient souvent vivre que d’aumônes, lesquelles étaient chiches en période de famine. » Selon la note pour 1 R 17,12 de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.