Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
185. Am 7, 12-15, XV Dimanche du Temps ordinaire, B, Réflexion 2024
Aujourd’hui nous avons à méditer un extrait du livre d’Amos. Ce livre, divinement inspiré pour les juifs et les chrétiens, est très intéressant. Certes, nous ne pouvons pas dire grand-chose de son auteur et de sa valeur. Mais son œuvre a quelques caractéristiques bien spécifiques. Tout d’abord, Amos fut le premier prophète qui écrivit ses oracles¹. Nous savons aussi qu’il prophétisait notamment à Béthel dans le royaume du Nord, autrement dit le royaume d’Israël, sous le règne du roi Jéroboam II (787-747 av. J.-C.). Notons encore qu’il venait de Teqoa - non loin de Jérusalem, dans le Royaume de Juda. Ce berger (« ce bouvier, littéralement, qui s’occupe du bétail »²), fut « saisi » par Dieu et envoyé comme prophète vers le peuple Israël. Amos ne faisait partie d’aucune école prophétique - autrement dit, ce n’était pas un prophète « officiel » dépendant financièrement de l’« Etat » : il était bouvier, et il soignait les sycomores.
Après cette brève introduction, nous pouvons aborder notre texte. Cet extrait nous présente Amos en train de prophétiser dans le sanctuaire royal d’Israël (très important sanctuaire du royaume du Nord) où visiblement, il dérange un prêtre du temple, nommé » Amazias. « Va-t’en d’ici » s’écrie celui-ci.
Pourquoi ce prêtre voulait-il se débarrasser d’Amos ? Parce qu’il souhaitait prendre sa place, devenir prophète officiel du royaume du Nord ? Non. Peut-être parce qu’il prétendait être supérieur à lui ? Pas du tout. Alors pourquoi ?
Tout simplement, parce qu’Amos disait la vérité en face : il dénonçait l’injustice qui s’était propagée durant la période de prospérité que connut le royaume du Nord. En d’autres termes, il condamnait l’exploitation des pauvres et l’injustice sociale, qui étaient aussi bien le fait de l’entourage du roi que celui des prêtres, et qui avaient accentué largement l’écart entre pauvres et riches. Par les images de ses visions, Amos prêchait avec force contre le royaume du Nord (cf. Am 3, 9-15 ; 4, 1-3 ; 6, 1-12). Il annonçait sa ruine comme la conséquence de la dégradation des rapports entre les êtres, et leur éloignement de la Loi de Dieu (cf. Am 5, 1-3). Conséquence qui se manifesta plus tard puisque le royaume du Nord n’exista que 200 ans à peine (environ de 930 à 720 av. J.-C.), et qu’il fut conquis par l’Empire assyrien.
Voilà quel fut le triste bilan d’une « élite dirigeante » qui ne voulait pas voir la vérité ; pour cette élite évidemment tout allait très bien ! Malheureusement ces faits ne concernent pas seulement Israël et les apôtres envoyés pas Jésus. L’Histoire, en effet, se répète. Notre continent lui-même est marqué par des guerres dévastatrices parce que, aujourd’hui comme hier, l’Occident ne veut pas affronter la vérité de personnages comme Hitler, Staline ou Poutine. Ce ne sont là que des exemples connus de nous tous.
Nous pouvons d’ailleurs constater la même chose sur le plan personnel. Combien de fois est-il arrivé à chacun de nous de se « tromper de route » ? Et par conséquent de souffrir, de régresser, parce que nous ne voulions pas bien « voir », en toute vérité, notre part de responsabilité. Et combien de fois nous avons préféré dire à celui qui nous disait la vérité : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici ».
Pour en revenir au personnage d’Amos, nous pourrions dire qu’avec sa mission, il avait bien plus à perdre qu’à gagner. On pourrait dire aussi que cette mission auprès du peuple du Nord a été un échec. Mais, en fin de compte, Amos a gagné pour lui-même, quelque chose qu’il ne pouvait pas perdre – la fidélité croissante à l’appel de Dieu. À tel point que son livre est toujours une référence pour de nombreuses personnes qui veulent méditer sur leur propre vie.
Enfin, dans ce livre, nous ne trouvons pas seulement la description d’une « maladie », mais aussi le remède pour la guérir : « Cherchez le bien et non le mal, afin de vivre. Détestez le mal, aimez le bien » (Am 5, 14a. 15a).
Encore une remarque pour terminer. Ils sont nombreux les incroyants qui vont chez un psychothérapeute, chez un coach pour découvrir la vérité de leur vie. Leur but est de se sentir bien, d’avoir une vie harmonie et de progresser. Nous les chrétiens, nous avons en plus, cette chance incomparable de suivre cet appel du prophète Amos : « Cherchez le Seigneur et vous vivrez ! » (Am 5, 6a)
Bon Dimanche à chacune et chacun de vous,
Votre frère, Bogdan
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¹ « Amos est le plus ancien des prophètes dont les actes et les paroles font l’objet d’un recueil biblique particulier. Avant lui, d'autres prophètes, dont parlent surtout les livres de Samuel et des Rois, étaient intervenus en Israël. Amos ouvre une nouvelle lignée, celle des prophètes couramment appelés prophètes écrivains, parce que la Bible a conservé l’écho direct de leurs interventions, dans des livres qui portent leur nom. Ces recueils ne sont habituellement pas l’œuvre des prophètes eux-mêmes, mais celle de leurs disciples, comme le seront les évangiles à l’égard de l’activité et de la prédication de Jésus. Pourtant certains passages, notamment ceux où le prophète s’exprime à la première personne du singulier, peuvent sortir de leur plume, tel le récit des cinq visions d’Amos dans les ch. 7, 8 et 9 de son livre ». Voir la note pour livre d’Amos de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition du Cerf 2012.
² Selon la note pour Am 7,14 de la Bible Jérusalem, édition du Cerf 2000.