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 124. Jn 4, 5-42, III Dimanche du Carême, A, Réflexion 2023

Sœurs et Frères

     Ce Dimanche nous « abandonnons » l’évangile de saint Matthieu pour méditer un des plus beaux récits de l’évangile selon saint Jean. On pourrait m’en demander la raison : « Pourquoi ce changement ? Habituellement pendant une année liturgique nous poursuivons chaque dimanche un des trois Évangiles synoptiques (A – Mathieu, B - Marc, ou C – Luc). Du coup, on a l’impression de ‘sauter du coq à l'âne’». Bonne remarque - sourire. Eh bien, je dirais qu’il y a des exceptions à cette règle liturgique, comme il y en a dans la grammaire française (trop nombreuses pour moi – sourire). Nous sommes actuellement dans l’année liturgique « A » au cours de laquelle, les IIIe, IVe et Ve dimanches de Carême, nous lisons trois textes de l’évangile de Jean. Il s’agit de trois Évangiles traditionnels de l’initiation chrétienne : le récit de la Samaritaine, de l’Aveugle-né, et de Lazare ressuscité. Depuis les premiers siècles de la vie de l’Église, ces évangiles sont utilisés lors des célébrations des trois « scrutins » concernant les catéchumènes qui, à la Veillée pascale, reçoivent les trois sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême, l’eucharistie et la confirmation. Le but de chacun de ces trois scrutins est de « faire apparaître dans le cœur de ceux qui sont appelés ce qu’il y a de faible, de malade et de mauvais pour le guérir, et ce qu’il y a de bien, de bon et de saint, pour l’affermir »*. La célébration de chacun des trois scrutins a lieu pendant le Carême ; elle est construite à partir de l’évangile baptismal et célébrée habituellement pendant la messe dominicale ; d’où son importance, non seulement pour les futurs baptisés, mais pour l’ensemble des fidèles baptisés. Ces célébrations permettent ainsi à chacun d’examiner son cœur et sa fidélité à Jésus Christ. Cette longue introduction à notre évangile d’aujourd’hui, je l’ai faite en pensant tout particulièrement à notre paroissienne qui sera baptisée lors de la Veillée pascale.

    En ce qui concerne notre texte, je dirais qu’il décrit bien le chemin que nous tous avons à faire pour aller à la rencontre du Christ ; Lui qui a toujours pour but de changer notre vie et de l’orienter vers le bien. Pourtant, dans ce récit de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine, rien ne paraît vraiment « normal ». Tout d’abord, parce qu’aux yeux des Juifs religieux de Jérusalem, les Samaritains étaient considérés comme des hérétiques (même si eux aussi attendaient le Messie), donc des gens « impurs » dont on évitait le contact. Et évidemment depuis des siècles, on ne pouvait concevoir d’amitié entre les Juifs et Samaritains

    En examinant de près les acteurs principaux de notre scène, la Samaritaine et Jésus, nous constatons ne pas savoir grand-chose de cette femme. A l’évidence cependant, sa vie n’est pas heureuse. Elle a eu cinq maris et elle est plutôt méprisée par les habitants de son village. Pour aller chercher de l’eau sans rencontrer personne, elle choisit le moment le plus chaud de la journée, quand les autres restent à l’abri. Et tout à coup Jésus arrive et, à sa grande surprise comme à celle des apôtres, il entame un dialogue avec elle. On peut dire que par son comportement, Jésus brise toutes les barrières ethniques et coutumières d’un homme juif et religieux. Et malgré tout, nous sommes là les témoins d’un échange qui va bouleverser la vie de cette femme. À tel point que, grâce à son témoignage, les habitants de son village vont avoir foi en Jésus. Est-ce que cette femme était quelqu’un d’exceptionnel ? Je dirais que non. Mais elle attendait le Messie. Et elle n’a pas caché la vérité de sa vie. Elle a été sincère avec Jésus, elle n’a pas laissé croire que tout allait bien. Et dans l’intimité de son cœur, elle L’a accueilli, Lui la source inépuisable de la vraie vie. Et en retour, elle a enfin rencontré quelqu’un qui l’a vraiment accueillie avec son passé. Et qui a enfin étanché sa « soif ». On pourrait dire que ce Quelqu’un qu’elle a rencontré « a scruté » son cœur pour le guérir et pour affermir ce qui était « bon et de saint » en elle.

    Quelqu’un pourrait dire ceci : « Nous avons là une belle image du Christ mais cet évangile n’est pas forcement au rendez-vous de ma vie ». Et pourtant, dans notre vie, n’attendons-nous pas de telles rencontres ? Des rencontres sans jugement, pleines d’accueil, de bienveillance et de douceur ? Et n’est-ce pas précisément ces rencontres qui changent nos vies et nous permettent d’avancer, laissant derrière nous ce qui nous entravait ?
    Peut-être mes différents désirs sont-ils inextinguibles, puisqu’ au lieu de me rapprocher de la Source de la vie, par mon cheminement et mes décisions, je continue de m’en éloigner ?

Bon Dimanche à tous

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*Rituel de l’initiation chrétienne des adultes (RICA), n°148, Édition Paris 1996.