Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
123. Mt 17, 1-9, II Dimanche du Carême, A, Réflexion 2023
Sœurs et Frères
Je commence ma réflexion par un petit constat. J’ai découvert, dans mon quartier du centre de Sète, qu’après le Covid-19 de nouveaux salons de coiffure et de beauté se sont ouverts. Je n’ai rien contre et j’ai vraiment le choix à présent pour me faire beau – sourire. J’ai aussi constaté que lorsqu’une femme sort de ces salons, son apparence change à tel point qu’il nous arrive de dire : « Quelle métamorphose » ! Et c’est beau et c’est très bien – sourire. Cette petite observation masculine (qui relève plutôt des femmes - sourire) pour nous introduire dans notre réflexion dominicale ! Ce n’est pas un hasard évidemment – sourire.
Nous avons donc à méditer une scène très connue qui nous accompagne non seulement pendant le Carême, mais aussi et surtout lors de la fête religieuse de la Transfiguration. Cette scène relate un événement mystérieux. Je cite : « En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière ». Tout d’abord il nous faut préciser que la traduction exacte du début de la phrase est « Six jours après » et non pas « En ce temps-là ». Cette précision nous renvoie directement à la fête juive des Tentes, qui commence par le jour du Grand Pardon (« Yom Kippour »). Cette fête est importante pour les Juifs car c’est la commémoration solennelle de leur sortie d’Égypte, terre de leur servitude, sous la conduite de Moïse. Et d’ailleurs, dans notre évangile, nous retrouvons Moïse de même que le prophète Élie. Tous deux sont des piliers de la religion juive. Moïse a reçu les « Tables de la Loi ». Quant à Élie, dans une période très tourmentée d’Israël, il resta le dernier prophète fidèle au vrai Dieu. Condamné à mort par la princesse Jézabel, il dut faire face aux 450 prophètes du faux dieu cananéen, Baal (cf. 1R 18). Et c’est Élie, selon la tradition, qui devait précéder la venue du Messie. Cette remarque historique permet de se rendre compte que, sans Moïse et sans Élie, il n’y aurait pas eu de religion pour Israël, ni de perspective de vie religieuse, sociale et individuelle pour chaque Juif.
Et quand Mathieu rapporte, pendant la transfiguration de Jésus, qu’« apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui », c’est pour dire que le temps est accompli et que le Messie – le « Fils bien-aimé » de Dieu - est là. En d’autres termes, cela signifie qu’en Jésus Christ nous trouvons le chemin pour nous libérer de nos « Égyptes » ; nous trouvons la « Loi » d’Amour pour organiser notre vie et le courage pour faire face à tous ceux qui pourraient nous effrayer et nous empêcher d’être fidèles à ce chemin.
Quelqu’un pourrait me dire : « Bogdan tout cela est bien beau, mais nous ne pouvons pas ignorer que Jésus manifeste sa gloire à ses disciples, juste après la première annonce de sa passion et de sa résurrection » (cf. Mt 16, 21). Il est vrai que le chemin que Dieu propose à ses fidèles pour entrer dans la gloire de Dieu n’est pas facile. Les parcours de vie de Moïse, d’Élie et du Christ en témoignent. Mais chacun d’eux a pris son propre chemin pour être transfiguré par Dieu (la « transfiguration » en grec c’est la « métamorphose »). Et c’est là le chemin que nous devons suivre, depuis notre baptême, pour rencontrer Dieu dans sa Gloire céleste.
Saint Paul aussi a invité ses frères et sœurs à prendre et à suivre cette voie de transformation spirituelle : « Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous (grec métamorphose) en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait » (Rm 12, 1-2).
Et si malgré tout, une lectrice me disait : « Ce n’est pas toujours facile mon père cette perspective ». Moi, je lui répondrai : « Qu’est-ce qu’une femme ne ferait pas pour être belle et prétendre à une véritable métamorphose ? » - sourire.
Bon temps de Carême sur la voie de la métamorphose du cœur, votre frère Bogdan - sourire.