Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
107. Lc 18, 1-8, XXIX Dimanche du Temps Ordinaire, C, Réflexion 2022
Sœurs et Frères
Comme vous pouvez le constater vous-mêmes, nous suivons toujours le Christ qui va à Jérusalem. Et Il n’arrête pas d’annoncer le Règne de Dieu et d’enseigner ses disciples. Dimanche dernier, par l’attitude d’un Samaritain, Jésus a montré que ce Royaume était ouvert à tous, pas seulement aux Juifs qui d’ailleurs, avaient du mal à en reconnaître les signes. Et de ce texte-là, nous avons pu, entre autres, tirer l’observation suivante : ce qui nous sauve c’est notre foi et non l’appartenance à telle ou telle nation ou à telle religion. Autrement dit, ce qui prime dans notre relation avec Dieu, c’est la confiance que nous mettons en Lui.
Notre évangile d’aujourd’hui nous permettra, je l’espère, de découvrir encore un aspect très important pour notre foi. De prime abord, on pourrait dire que c’est un texte facile à comprendre ; en effet, avant même de présenter à ses disciples cette parabole du juge et de la veuve, le Christ annonce le but de son récit : montrer « la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager » (verset 1). Donc, dans ce cas, comme tout est clair, que nous reste-t-il à faire sinon – chacun chez soi - un petit goûter par exemple, avec tarte aux framboises ? - sourire. Pas du tout, laissons-nous surprendre, à la fois par la clarté et la profondeur de notre récit.
Il est important de considérer notre texte dans son contexte le plus proche. Entre l’évangile de dimanche dernier et celui d’aujourd’hui, nous avons un passage qui nous parle de « l’avènement du Fils de l’homme » ; un Événement inévitable et imprévisible à la fois (voir Lc 17, 22-37). Cette phrase nous relie à la toute fin de notre évangile et à la question posée par le Christ : « Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? ». Il ne s’agit pas ici d’aborder la Parousie du Christ à la fin du monde. Ce qui est mis en question c’est la foi des disciples.
A présent, approchons-nous des deux personnes de notre évangile – le juge et la veuve. Et commençons par le juge, présenté comme quelqu’un « qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes ». Bref, il n’avait peur de rien ni de personne. C’était plutôt lui qui, avec le prestige de son poste et son attitude intransigeante, pouvait faire peur aux gens. Et face à lui, se trouve une veuve dont la position, dans la société de son temps, était vraiment peu enviable. Nous pourrions dire que dès le début, face à ce juge, sa requête était vouée à l’échec. Or, nous constatons que cette femme a du caractère et que, malgré tout elle persévère, jusqu’à casser la tête du juge afin qu’il défende sa juste cause. Et lui va le faire, uniquement pour se débarrasser d’elle. Nous ne savons pas quelle était la cause plaidée par cette veuve. Mais sa détermination nous prouve que c’était certainement quelque chose de très important. Peut-être même une question « de vie ou de mort ». C’est donc « sa vie » que la veuve confie à ce juge réputé « peu sympathique », mais peut-être plus efficace que les autres…
C’est ainsi que Jésus parle à ses disciples de la nécessité de la prière sans se décourager. Et Il le fait dans le contexte difficile de l’annonce de sa Passion et d’un temps tourmenté (voir Lc 17, 22-37). Nous savons tous qu’il n’est pas évident de persévérer dans la prière sans se décourager. Alors, où pouvons-nous trouver le courage pour continuer à prier malgré tout ?
Pour répondre à cette question, chacun de nous doit se demander ce que, pour lui, signifie prier. Cela ne peut pas être seulement un acte purement liturgique. Parce que, à chaque prière, nous allons à la rencontre du Seigneur et non pas à la rencontre d’une habitude religieuse. J’aime bien la traduction d’André Chouraqui pour ce premier verset de notre évangile : « Il faut prier toujours et ne pas perdre cœur* ». Bien sûr il ne s’agit pas seulement de perdre « courage » ; il s’agit aussi ne pas perdre notre « cœur », la source de notre vie (voir Pr 4, 23 ; Mt 12, 34-35) ; notre cœur qui se tourne vers Dieu pour être renouvelé en Lui {Ps 50(51), 12}.
Et si nous pouvons encore tirer quelque chose de cette parabole, c’est que d’une manière ou d’une autre le Christ se manifestera. Et même si quelque fois nous nous sentons impuissants face aux réalités qui nous écrasent, il nous reste encore la prière obstinée qui un jour ou l’autre connaîtra son fruit.
Bon Dimanche à tous – sourire,
votre frère Bogdan
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*https://nachouraqui.tripod.com/id55.htm