Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire. ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026(Historique de l'agenda) |
105. Lc 16, 19-31, XXVI Dimanche du Temps Ordinaire, C, Réflexion 2022
Sœurs et Frères
Ce dimanche nous sommes toujours dans le 16-ème chapitre de l’évangile selon saint Luc, et nous constatons qu’il y a un lien entre le texte de ce jour et celui de la semaine dernière. Après le « gérant habile » et « l’argent trompeur », nous allons méditer la parabole « du riche et de Lazare », qui nous parle encore de l’argent. Et si nous nous référons à l’évangile de dimanche dernier - sur l’argent malhonnête - nous pouvons dire que l’homme riche de notre texte aurait pu faire un bon usage de son argent en le partageant avec Lazare et « [en faisant] de lui son ami » cf. Lc 16, 9). Cependant, ce n’est pas l’argent qui est au cœur de notre parabole.
Alors de quoi parle ce texte ? On pourrait me dire : « Bogdan, ce récit nous montre, encore une fois, qu’il faut penser aux pauvres et les aider selon nos moyens ». Ce n’est pas faux évidement. Mais, je ne peux pas, personnellement, me contenter de ce simple constat – sourire.
Ce texte dresse le portrait de deux personnes. Et ce qui les différencie visiblement, c’est leur statut social : l’une est extrêmement riche et l’autre extrêmement pauvre. Mais en même temps, nous avons deux compatriotes qui confessent la même religion – tous les deux ont un rapport avec leur « Père Abraham ».
Par contre notre texte ne précise pas que l’un était meilleur que l’autre, ni que Lazare (on pourrait traduire son nom par - « Dieu aide ») était plus vertueux que cet homme riche. D’ailleurs, ce dernier, après sa mort, pensa généreusement à ses cinq frères, et voulut leur épargner son propre sort ; donc nous ne pouvons pas dire qu’il était vraiment « mauvais ». Ce qui est important dans ce texte, c’est que cet homme riche demande à Abraham d’« [envoyer] Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour [lui] rafraîchir la langue » ; et qu’Abraham lui explique alors que ce n’est pas possible car « un grand abîme a été établi » entre eux et qu’on ne peut absolument pas le franchir.
Il est bon de savoir que « l’abîme symbolise l’impossibilité pour les élus comme pour les damnés de changer leur destin »*. Et il est intéressant de remarquer que « Luc est le seul évangéliste à présenter ainsi la situation des individus dans l’au-delà. En utilisant des images de son temps, il ne cherche pas à renseigner ses lecteurs sur l’autre monde ; son seul but est de leur indiquer la voie du salut »**. Si j’ai cité ces deux notes, ce n’est pas seulement pour que nous puissions mieux comprendre notre texte biblique et les intentions de son auteur ; mais parce que ce texte, même en dehors de tout contexte historique, parle de notre vie.
Nous pouvons croire à la vie après la mort ou pas ; nous pouvons croire ou non à l’existence du « séjour des morts, en proie à la torture » (on pourrait dire l’enfer) ou du paradis (pour les juifs le séjour auprès d’Abraham) ; mais nous nous accordons tous sur le caractère inéluctable de la mort. Nous sommes tous d’accord que, durant notre existence, nous prenons parfois des décisions qui ont des conséquences importantes sur notre vie et celle d’autrui. C’est ainsi qu’à la fin, nous pouvons nous retrouver « au séjour des morts, en proie à la torture », autrement dit dans une situation sans issue où nous serons seuls et désespérés. Et dans ce cas, même si nous voyons clairement ce que nous sommes, nous ne pourrons pas malheureusement « faire machine arrière ».
Quelle est « la voie du salut » pour éviter cette situation selon Luc ? Les auditeurs du Christ, et parmi eux « les pharisiens, eux qui aimaient l’argent » (Lc 16,14), étaient invités à écouter (pas à lire!) Moïse et les Prophètes (autrement dit la Bible d’époque) ; eux qui connaissent parfaitement les Saintes Écritures ! De même, ce n’est pas une relation centrée sur moi et sur mes besoins qui modifiera et transformera ma vie. Mais c’est une relation avec le Dieu vivant et avec autrui.
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* selon la référence de la Bible de Jérusalem, édition Cerf 2000.
**selon les références de la TOB – Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.
Votre frère Bogdan
P.S. Vous ne recevrez pas ma réflexion dimanche prochain parce que du 26 au 30 septembre je serai en retraite avec ma Communauté. Mais je compte sur vos prières – sourire.
Alors que, par le rassemblement dominical de notre communauté paroissiale nous commençons officiellement notre l’année pastorale, je nous souhaite à tous une année touchée par la Parole de Dieu et l’amour envers autrui. (Dans quelques jours vous trouverez ma lettre pour cette année au fond de chaque l’église et à télécharger sur notre site)