Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père André Zontek - P. Jean-Rémi Razafimahatratra, vicaire.

ANNONCES DU 30 avril au 10 mai 2026

(Historique de l'agenda)

Les articles de la communauté HOZANA


Les 30 dernières infos insérés

Mais encore...

 101. Lc 14,1a.7-14, XXII Dimanche du Temps Ordinaire, C, Réflexion 2022

Sœurs et Frères

     Ce dimanche nous sommes avec Jésus dans la maison d’un chef des pharisiens qui L’a invité à un repas. Jésus se trouve donc parmi des Pharisiens, autrement dit « les représentants authentiques de la pensée d’Israël »*. Des gens très respectables, fidèles pratiquants de la religion juive, et qui soutiennent aussi financièrement le Temple de Jérusalem. Que demander de plus à ces bons Israélites ? Et pourtant Jésus adresse une parabole au maître de maison et aux invités, parmi lesquels se trouvent bon nombre de ces hommes « irréprochables ». Évidemment Jésus ne donne pas à ses auditeurs une leçon de savoir-vivre. De la même façon, dans la deuxième partie du texte, il ne dit pas qu’inviter ses amis, ses frères, ses parents ou de riches voisins, soit à proscrire. En plus, je serais tenté de dire que Jésus ne nous engage pas, non plus, à ne recevoir que « des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ».
    Alors, de quoi parle notre texte et en quoi pourrait-il nous être utile pour notre vie ? J’ai quelques idées là-dessus – sourire. Nous allons donc « creuser » ensemble - sourire, pour tenter au moins de nous approcher du sens des paroles du Christ. Et je vais essayer de vous convaincre de l’importance de cet évangile pour notre pratique religieuse, ainsi que pour notre vie ; c’est parti ! – sourire.

    J’ai précédemment évoqué que le Christ se trouve ici parmi des croyants, des pratiquants, qui chaque jour font des efforts pour suivre la Loi de Moïse et mettre quotidiennement ses préceptes en pratique. Le problème c’est que les pharisiens, par leur intransigeance concernant la pureté de leur propre religion, étaient devenus, je dirais, un cercle fermé, et que par conséquent, ils méprisaient les autres (voir Lc 18, 9-14). Ce n’est pas un hasard si, dans ce même évangile de Luc, le Christ fait des reproches très vifs à la fois aux pharisiens et aux docteurs de la Loi (voir Lc 11, 43-46.52-53).
    Dans ce contexte, nous pourrions nous poser les questions suivantes : pourquoi le Christ Jésus a-t-Il été si dur avec l’élite religieuse et intellectuelle de ses compatriotes ? Et encore : à quoi sert « d’être religieux », « d’être croyant et pratiquant », si Jésus Lui-même fait des reproches à ceux qui s’efforcent de s’approcher de Dieu et de vivre leur foi ?

     En lisant les quatre évangiles nous pouvons constater que le Christ, au contraire des pharisiens et des docteurs de la Loi, était ouvert à tous. Il mangeait avec les pharisiens ainsi qu’avec les publicains et les pécheurs, exclus de la société, et Il ne méprisait personne malgré son statut de rabbin très célèbre. Alors, si Jésus engage ses auditeurs à inviter « des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles », tous ceux qui ne peuvent rien donner en retour, ce n’est pas pour que, eux et nous aussi, soyons en règle avec notre religion. C’est que cette ouverture de notre cœur, cet effort pour dépasser quelques-uns de nos préjugés et notre zone de confort, nous rendra heureux. En outre, « cela [nous] sera rendu à la résurrection des justes » - au moment ultime où nous ne pourrons plus rien faire, ni pour nous-mêmes ni pour les autres.

    Dernière chose, le Christ nous parle de prendre la dernière place. S’Il nous dit de faire cela, c’est parce qu’Il le faisait Lui-même à l’égard des personnes exclues et rejetées ; et cela jusqu’à sa mort sur la croix parmi des malfaiteurs (voir Lc 20, 33). Nous aussi, les amis du Christ, nous pouvons prendre dans notre vie quotidienne cette « dernière place ». Place qui implique aussi une attitude de gratitude envers Dieu qui nous accueille tels que nous sommes, avec nos « infirmités » personnelles ; place dégagée de tous les sortes de domination et de mépris des autres.

Bon Dimanche à tous, toujours à l’ombre - sourire

*********

*selon les références de la TOB – Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.