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 10. Mt 15, 21 – 28, XX Dimanche du Temps Ordinaire, Réflexion 2020

 

     Frères et Sœurs aujourd’hui, nous sommes avec le Christ qui quitte Génésareth et « se retire dans la région de Tyr et de Sidon ». Cette remarque « géographique » est importante. Ce n’est pas un simple déplacement. Le Christ et ses disciples quittent leur lieu d’origine dans le contexte, soit disant pas très agréable. Jésus « ne fit pas beaucoup de miracles à cause de leur manque de foi » (Mt 13, 58). En plus, des pharisiens et des scribes ont reproché au Christ que ses disciples avaient transgressé la tradition des anciens. Le séjour du Christ dans son pays s'est terminé en abordant le sujet de ce qui est pur et impur chez l'homme, qui était la critique du comportement des autorités religieuses du peuple Élu (Mt 15, 18-21).

     Donc, tout de suite, après ces échanges « Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon ». C'est-à-dire pour les régions habitées par des païens, qui étaient méprisés par les Juifs pieux. Et là-bas, une rencontre se produit entre Jésus qui est rejeté par son peuple et la femme qui a une fille tourmentée par un démon.
On peut dire que le Christ sort de la région de mécréance et du durcissement des religieux. La Cananéenne, par contre, sort de la région païenne qui symbolise l'obscurité et la mort.
     Nous savons comment s’est finie cette rencontre qui, au début, n’était pas facile pour cette femme - d’abord Jésus s'est tu, et après deux fois, Il a répondu négativement. Nous pouvons évidemment féliciter cette femme païenne pour son courage, et le Christ pour son geste envers elle et sa fille.

    Mais il y a dans ce récit quelque chose qui est à la fois remarquable et intéressent pour nous. Tous les deux, ils devaient laisser derrière eux les choses bien connues et rassurantes :
1. Jésus devait surmonter les habitudes de ses compatriotes qui, normalement, ne parlaient pas avec les femmes et surtout pas avec une païenne ; je ne dis pas qu’Il ne devait pas aller chez les gens impurs (les païens) pour les Juifs.
2. Cette Maman ne devait même pas envisager d’aller à la rencontre d’un Juif (en plus, très célèbre rabbin) et lui demander quoi que ce soit.

     Pourquoi c’est important pour nous ? Tous les deux, ils ont pris le risque pour faire une démarche vers l’imprévu. Tous les deux ont dû surmonter l'aversion mutuelle venant de l'origine et de la religion. Quelqu’un pourrait dire que cela ne nous concerne pas autant. Vraiment ?
Est-ce que nous sommes prêts dans notre paroisse, par exemple de parler, d’accueillir une personne qui « n’est pas des nôtres » par sa façon de vivre sa relation avec le Christ ou son mode de vie tout simplement ?

    Cette rencontre entre les deux personnes venues d’horizons qui, à première vue, s’opposent complètement, nous prouve que le Christ viendra à notre rencontre quand nous déciderons de quitter nos « certitudes » en faveur des autres.