209. Is 62, 1-5, II Dimanche du Temps Ordinaire, C, Réflexion 2025

Sœurs et Frères

    J’espère que vous allez bien et que vous n’avez pas trop mangé de « galettes » ou de « couronnes » des rois ? - clin d’œil avec sourire.
Ce dimanche, nous ne quittons pas le livre d’Isaïe, et il s’agit cette fois de la troisième grande partie, dite « Troisième Isaïe » (chapitres 56 à 66). Autrement dit, l’auteur anonyme poursuit l’œuvre d’Isaïe Premier (ou « Proto-Isaïe », VIIIe siècle av. J.-C ; chapitres 1-39) et du « Deutéro-Isaïe » (VIe siècle av. J.-C. ; chapitres 40-55). Dans l’ensemble, ce « Troisième-Isaïe » reprend leurs idées et leur style, mais il pose ses propres accents car son œuvre est écrite dans un contexte différent - le retour des Hébreux de leur exil babylonien (entre 537 et 520 av. J.-C). Pour en savoir davantage, vous pouvez relire ma modeste réflexion, numéro 159 (ce qui n’est pas obligatoire – clin d’œil avec sourire).

   Avançons donc – sourire ! Le texte de ce jour évoque la restauration de Jérusalem. Une note de la TOB résume ainsi la situation : « Dieu promet la gloire future de Jérusalem (v. 1-3), la reprise de relations affectueuses entre la Ville et le Seigneur son Époux (v. 4-5), la sollicitude constante de ce dernier (v. 6-7) »¹. On pourrait alors se poser, encore une fois, cette question : « En quoi nous concerne ce texte poétique et fort beau, mais qui s’adresse aux Juifs de l’époque » ?
    Rappelons tout d’abord qu’au cœur de ce Troisième-Isaïe, nous trouvons une belle promesse de Dieu pour la Ville Sainte ; voici un extrait du chapitre 60 : « Mets-toi debout, et devient lumière, car elle arrive la lumière : la gloire du Seigneur sur toi s’est levée (60,1) … Désormais ce n’est plus le soleil qui sera pour toi la lumière du jour… C’est le Seigneur qui sera pour toi la lumière de toujours (60,19) ». Il serait bon de lire intégralement les chapitres 60 à 62. Là encore, on peut s’exclamer : « C’est tellement beau, que ce n’est pas possible ». Quant à notre première lecture, elle recèle aussi une très belle image, nous révélant que le Dieu de l’Alliance n’a pas oublié son Peuple. Mais nous y trouvons surtout - et encore une fois - l’engagement de Dieu : « On ne te dira plus : ‘Délaissée !’ À ton pays, nul ne dira : ‘Désolation !’ ». Sion, Jérusalem, seront à jamais habitées par le Dieu d’Israël. Et cette promesse ne s’adresse pas à des gens parfaits. Loin de là. Mais il s’agit de personnes qui, malgré tout, cultivent dans leurs cœurs le désir d’une relation intime avec Dieu. Parce qu’elles croient que, malgré leur médiocrité, chacune d’elles, individuellement, est la préférée de Dieu. Et c’est cette conviction qui met le Peuple en route vers Jérusalem.

   Autre chose. Pour exprimer cette promesse, l’auteur de notre texte, utilise une image très parlante pour les hommes et les femmes de toutes époques. Une belle image de la vie quotidienne qui s’adresse à chacun, quelles que soient ses convictions : « Comme un jeune homme épouse une vierge, ton Bâtisseur t’épousera. Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu » Nous avons ici l’évocation de deux jeunes mariés, je dirais, parfaitement tournés l’un vers l’autre, unis par un lien intime sans égal, deux personnes liées à jamais par l’amour. Sauf que, contrairement à nous, Dieu EST toujours et pleinement tourné vers nous. Et l’évangile de ce dimanche nous le prouve : même si le Christ dit à sa Mère : « Mon heure n’est pas encore venue. », celle-ci n’hésite pas à dire à ceux qui servaient pendant le mariage : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

    Au terme de cette réflexion, si on me disait encore : « Franchement Bogdan, j’y ne crois pas ; ce que nous lisons dans la première lecture et dans l’évangile d’aujourd’hui, c’est impossible ! » Alors je répondrais ceci : Je te ne demande pas d’y croire ; je te demande de laisser un maximum de place dans ton cœur pour Dieu, et tu en verras les fruits – sourire.

Bon Dimanche à toutes et tous
frère Bogdan

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¹ Selon la note pour Is 62,1 de la TOB - Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012.