206. 1 S 1, 20-22.24-28, Fête de la Sainte Famille, C, Réflexion 2024

Sœurs et Frères

   J’espère que vous allez bien et que vous n’avez pas trop pratiqué la gourmandise pendant la Fête de Noël ? - c’est bien évidement pour votre santé que je pose cette question – clin d’œil avec sourire. D’ailleurs, nous restons dans la joie de Noël puisque nous sommes dans l’octave de la Nativité de Jésus-Christ, et que ce dimanche nous fêtons ensemble la Sainte Famille.

    Pour cette fête, l’Église nous propose la lecture du premier Livre de Samuel. Nous avons eu l’occasion d’aborder ce Livre en commentant le texte de l’appel de Dieu à Samuel (voir - 163. 1 S 3, 3b-10.19, II Dimanche du Temps Ordinaire, B, Réflexion 2024). Aujourd’hui, avec notre extrait, nous sommes au tout début de cette histoire. Je vous la rappelle. Samuel était un enfant « cadeau » de Dieu pour son Père Elqana et sa mère Anne. Sa naissance fut surtout une « délivrance » pour Anne, parce que sa rivale Peninna (deuxième femme d’Elqana), qui avait des enfants, lui « faisait affront » en toute occasion, à cause de sa stérilité, considérée comme une malédiction de Dieu. Notre récit d’aujourd’hui nous relate comment Anne, en accord avec son mari Elqana (voir 1 S 2,23), se rendit au sanctuaire de Dieu à Silo avec son fils Samuel, afin d’accomplir ses vœux devant Dieu (cf. 1 S 1,11), et elle « le donna au Seigneur pour qu’il en dispose ». Nous lisons dans le texte que Samuel était un enfant « encore tout jeune », à peine sevré, âgé d’à peu près trois ans. A l’époque « les enfants étaient sevrés tard »¹. Quelqu’un pourrait me dire : « Comment une Mère a-t-elle pu faire cela ? Fixer pour toujours l’avenir de son fils si jeune et tellement désiré, en le mettant à la disposition du sanctuaire ? » A cela je répondrai qu’avant tout, sa décision d’offrir Samuel au sanctuaire de Silo sous la direction d’Éli, grand prêtre d’Israël (ne pas le confondre avec le prophète Éli), était l’accomplissement de ses vœux. Elle n’avait pas oublié que cet enfant était le don de Dieu, le fruit de sa prière et de son abandon en Lui. Anne n’avait pas oublié ce que Dieu avait fait pour elle. D’ailleurs, elle n’abandonna jamais son petit Samuel qu’elle aimait. Nous lisons en effet que chaque année, lorsque celui-ci était « au service du Seigneur, elle lui faisait un petit manteau qu’elle lui apportait quand elle montait avec son mari pour offrir le sacrifice annuel » (voir 1 S 2,19). De plus, grâce à Dieu, elle avait pu avec son mari, accueillir « trois fils et deux filles » (voir 1 S 2,21).

   Tout cela m’amène à une constatation toute simple. Lorsque nous sommes fidèles à Dieu, lorsque nous Lui sommes reconnaissants, Il nous donne beaucoup plus que nous ne Lui demandons, et que nous pouvons même imaginer. Je reviens à la vie de cette Famille : Anne avait été libérée de son malheur, son mari Elqana avait donné la preuve de son amour pour elle durant la période difficile de sa stérilité, et des offenses de sa rivale. Et ces deux parents, fidèles à leurs convictions, ont vu leur famille s’agrandir. Et je ne parle même pas de Samuel qui « grandissait auprès du Seigneur », et qui devint un grand prophète. N’oublions pas qu’il a, notamment, donné l’onction à Saül et David pour les introniser rois d’Israël. Pourtant il ne s’agit pas là d’une famille « sainte », sans les soucis du quotidien, sans les souffrances de la vie. Il s’agit d’une famille unie qui faisait son chemin avec Dieu.

    Dieu qui voit « plus loin » la vie de chacun de nous et celle de notre famille. Et c’est en marchant avec Dieu que chaque membre d’une famille, et la famille dans son ensemble, verra un jour son bonheur. Pour nous, les croyants en Jésus-Christ, c’est aussi la raison d’offrir, à notre manière par le baptême, notre enfant à Dieu, afin qu’Il puisse poser sur lui Son regard plein d’amour et faire croître Sa grâce. Une dernière chose : quoiqu’il en soit de nos convictions et de notre croyance, sachons que c’est le bon choix des parents qui donnera à leurs enfants un bel avenir ; autrement dit, qui leur donnera la bonne place, le vrai bonheur sur cette terre.

Bon Dimanche de la Sainte Famille en Famille - sourire,
votre frère, Bogdan

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¹Selon la note de la Bible De Jérusalem pour 1 S 2,22. Éditions du Cerf 2000.