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Le Vatican défend à la lettre le secret de la confession, La Croix, Nicolas Senèze, le 01/07/2019

Analyse La Pénitencerie apostolique a publié lundi 1er juillet une note approuvée par le pape rappelant le caractère absolu du secret de la confession.

Nicolas Senèze, le 01/07/2019 à 16:05 Modifié le 01/07/2019 à 17:15
Le Vatican défend à la lettre le secret de la confession
Un confessionnal dans une église.

Alors que, dans plusieurs pays, décisions de justice ou projets de loi mettent à mal le secret de la confession, le Vatican a fermement rappelé, lundi 1er juillet, dans une note, que son « inviolabilité (…) provient directement du droit divin révélé et plonge ses racines dans la nature même du sacrement, au point de n’admettre aucune exception ».

Pour la Pénitencerie apostolique, le tribunal du Vatican chargé des questions de conscience, ce secret relève de « l’essence même du christianisme et de l’Église », de par la volonté du Christ de sauver les hommes et d’utiliser, pour ce faire, des prêtres par lesquels il agit en personne.

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Et parce qu’ils agissent « in persona Christi », les prêtres ne peuvent « en aucune manière », révéler ce qui leur a été confié en confession. Un secret qu’ils doivent défendre, si nécessaire, « jusqu’à l’effusion du sang ». Agissant « non comme homme mais comme Dieu », un prêtre peut même « jurer, sans aucun préjudice pour sa propre conscience, ne pas savoir ce qu’il a appris seulement comme ministre de Dieu ».

« En aucune façon une justification des cas exécrables d’abus »
« Toute action politique ou initiative législative tendant à forcer l’inviolabilité du secret sacramentel constituerait une inacceptable offense à la liberté de l’Église qui ne reçoit pas de légitimation des États mais de Dieu, insiste la Pénitencerie apostolique. Elle constituerait aussi une violation de la liberté religieuse. »

Le caractère très ferme de cette note entend répondre aux menaces pesant sur le secret de confession. Ainsi, en Australie, plusieurs États ont voté des lois faisant obligation aux prêtres de dénoncer les abus sexuels sur mineurs dont ils auraient connaissance. Un sujet que les évêques australiens ont justement évoqué avec le pape François lors de leur visite ad limina, la semaine dernière.

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Si le cardinal Mauro Piacenza, pénitencier majeur de l’Église catholique, prend soin de préciser que la note qu’il publie « ne veut en aucune façon être une justification ou une forme de tolérance des cas exécrables d’abus par des membres du clergé », plusieurs passages devraient faire bondir les victimes.

Le secret s’impose au confesseur, même sans absolution
Ainsi, le texte précise qu’« en présence de péchés qui constituent des infractions, il n’est jamais permis d’imposer au pénitent, comme condition pour l’absolution, l’obligation de se dénoncer à la justice civile ».

Les prêtres désormais obligés de dénoncer les crimes sexuels
Tout en rappelant que la « validité » du sacrement de réconciliation passe par « un repentir sincère, ainsi que la ferme intention de s’amender et de ne pas réitérer le mal commis », il souligne aussi que le secret s’impose aussi au confesseur même si la confession est invalide ou que l’absolution n’est pas donnée.

Cette vision est différente de ce que Mgr Juan Ignacio Arrieta, secrétaire du Conseil pontifical pour les textes législatifs, expliquait à La Croix en mai 2019, au moment de la présentation du motu proprio Vos estis lux mundi imposant aux prêtres l’obligation de dénoncer les abus sexuels dont ils auraient connaissance hors de la confession.

Secret aussi dans l’accompagnement spirituel
« Le secret de la confession est une loi divine qui ne peut en aucun cas être modifiée par une loi humaine comme ces normes, rappelait-il. Mais il existe des moyens pour éviter une utilisation illégitime de la confession. Le prêtre peut ne pas donner l’absolution et, au minimum, encourager celui qui se confesse à se soigner ou à se dénoncer aux autorités civiles. »

D’une manière générale, la note publiée signe d’ailleurs un recul par rapport au motu proprio, fruit du sommet sur les abus sexuels de février 2019. Notamment parce qu’elle lie les prêtres au secret autant dans l’accompagnement spirituel que dans la confession.

La note s’intéresse en effet aux relations des prêtres dans le cadre de la direction spirituelle qui, même sans confession, relève, pour les prêtres accompagnateurs, de « la mission de représenter le Christ, conférée par le sacrement de l’Ordre ». En conséquence, les secrets révélés dans ce cadre sont aussi absolus que s’il s’agissait d’une confession.

De l’avis des prêtres eux-mêmes, les abus sexuels dont ils peuvent avoir connaissance en confession sont certes extrêmement peu nombreux, mais le message envoyé par cette note formaliste de la Pénitencerie apostolique risque de restreindre les efforts entrepris par le pape dans sa lutte contre les abus sexuels.