Regroupe trois villages: GIGEAN, POUSSAN et MONTBAZIN
Père Bogdan LESKO, curé.

ANNONCES DU 23 au 31 mars 2019

(Historique de l'agenda)

Pour la tradition de l’Église, la réponse est non. Les chrétiens aujourd’hui aiment employer le mot « communauté » : ils parlent de petites communautés, de communautés de base, de la communauté chrétienne. Consciemment ou pas, ce vocabulaire les rattache à l’histoire judéo-chrétienne la plus ancienne : l’Ancien Testament est l’histoire d’une tribu du Moyen-Orient transformée en peuple par l’appel de Dieu.

Le premier souci de Jésus fut de rassembler un groupe d’hommes autour de lui ; et l’Esprit de la Pentecôte créa l’Église, nouveau peuple de Dieu, communauté nouvelle. Les premiers chrétiens prirent tellement l’appel communautaire au sérieux qu’ils partagèrent leurs biens, s’appelèrent frères et sœurs, se demandèrent mutuellement pardon et vécurent en s’entraidant au point que l’on pouvait dire « Voyez comme ils s’aiment ». A vrai dire, cet amour fut loin d’être parfait, mais il fut toujours recherché. Paul fera la théologie de cette communauté toujours à construire en montrant que le plan de Dieu est de tout rassembler sous un seul chef, le Christ, comme dans une seule famille, et que l’Église est le début de la réalisation de ce plan.


Dans l’histoire de l’Église, à chaque époque, se trouvèrent de nouveaux premiers chrétiens pour demander à l’Esprit Saint la force de partage communautaire. Tous les renouveaux ecclésiaux s’accompagnèrent de renouveaux communautaires : les grands ordres monastiques en sont l’illustration.
Aujourd’hui encore, beaucoup de chrétiens répondent non à la question : « Peut-on être chrétien seul ? » Il ne s’agit pas seulement du moine, ou de jeunes vivant une rupture radicale avec la vie ordinaire : aujourd’hui, beaucoup de chrétiens veulent témoigner dans les paroisses, dans les aumôneries, dans les communautés nouvelles, et dans les mouvements, que l’Évangile les invite au partage.


Cette redécouverte a sans aucun doute quatre fondements théologiques.

1) Elle provient d’une plus grande compréhension (liée à la communion fréquente) de ce qu’est l’Eucharistie, le Repas du Seigneur. Manger le pain et boire à la coupe du Seigneur, invite, dit saint Paul, à se respecter, et à faire taire les divisions (1 Co 11, 20-21).

2) Elle provient aussi, chez beaucoup, d’un sens plus ferme de la mission qui leur incombe d’annoncer l’Évangile : dans le monde d’aujourd’hui cette mission est difficile et nécessite plus qu’un certain accord de surface, une réelle unité.

3) Elle provient encore chez certains d’une compréhension plus grande de l’unité à laquelle fait parvenir le baptême qui unit au Corps du Christ. Devant la croix du Christ, les causes de division apparaissent folie…

4) Enfin certains perçoivent qu’il leur faut vivre en Église simplement parce que Dieu le demande : ayant conscience d’être appelés, choisis, prédestinés… »saints », ils répondent à l’appel dans la communauté où Dieu les a appelés.

SOURCE THEO SENIOR