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2019-09-29 Messe de rentree à Gigean

Présentation de la loi de bioéthique

D'après les déclarations des évêques aux Bernardins fin septembre et le site d'information d'Alliance Vita. Ont participé : Patrick G avec Françoise B, Florence P. , Dominique et Anne C,

Introduction

A l’occasion du projet de révision de la loi de bioéthique, les évêques de France ont solennellement fait part de leurs craintes. Leurs réponses s’appuient sur les enseignements de l’Eglise et sur l’autorité du pape François.

Nous nous proposons aujourd’hui de vous présenter les points les plus importants de leurs déclarations.

Comment l’Eglise répond aux arguments utilisés pour justifier la loi et aux idées reçues que l’on entend ici et là ?

 

        • L’Eglise de France s’oppose au projet de loi de bioéthique. Mais n’est-ce pas une attitude passéiste que de refuser le progrès offert par la science ?

Le progrès de la science ne signifie pas forcément le progrès de l’humanité.

Les exemples abondent :

        • Dans le domaine de la physique nucléaire, Marie Curie découvre la radioactivité : celle-ci est utilisée par la médecine mais elle va permettre aussi la bombe atomique…
        • Le progrès des techniques de communication débouche sur la création d’internet et des réseaux sociaux virtuels : ils peuvent relier les hommes… mais être aussi utilisés par les réseaux criminels et terroristes…

Les progrès des sciences de la vie ont aussi leur revers et les lois de bioéthique doivent précisément en définir les limites.

Le mot bioéthique vient du grec et signifie « morale de la vie », ce qui est bon ou pas pour la vie.

Est-ce que notre morale doit donc toujours suivre l’évolution de la recherche ? Est-ce que notre morale est à géométrie variable et doit s’adapter aux besoins de la science et aux désirs de certains ?

Si au nom du principe de précaution on interdit l’exploitation du gaz de schiste ou l’épandage de produits phytosanitaires …pourquoi ne pas appliquer aussi ce principe à des techniques qui vont transformer en profondeur la procréation et la filiation ? Peut-on légiférer sans connaitre les effets de ces mesures sur les enfants ?...

        1. On dit aussi que la recherche sur l’embryon humain devrait permettre à la médecine de faire de gros progrès ? Pourquoi l’Eglise s’y oppose-t-elle ?

Pour l’Eglise, l’embryon est une personne, puisqu’en se développant il devient un fœtus puis un bébé, et mérite donc d’être respecté. Actuellement, pour remédier à l’infertilité des couples hommes-femmes, 310 000 embryons humains sont conçus en éprouvette dont ¼ seulement est utilisé pour des tentatives d’implantation dans l’utérus ; les embryons restant sont convoités par les chercheurs. Mais prélever des cellules souches sur les embryons provoquent leur destruction !

Or, la nouvelle loi prévoit de faciliter l’utilisation des cellules souches embryonnaires : l’embryon deviendrait donc une sorte d’animal de laboratoire utilisable pour la recherche.

On nous dit souvent que « puisque cela se fait ailleurs, on doit pouvoir le faire en France ». Alors rappelons que chez notre voisin allemand l’embryon a le statut d’être humain et que ce type de recherche est interdit.

Vérité au-delà du Rhin, erreur en deçà…

        1. Mais empêcher les couples de femmes et les femmes seules de bénéficier de la PMA (procréation médicalement assistée) n’est-ce pas faire preuve de discrimination ?

 

Peut-on sérieusement comparer la situation d’un couple homme-femme en âge de procréer et souffrant d’infertilité, à celle d’un couple de deux femmes ou à une femme seule, désirant un enfant ? Une femme ­seule ou deux femmes n’ont jamais été en mesure de faire un enfant. Il n’y a donc pas de « discrimination » mais « une différence de situation » ; et différence n’est pas inégalité comme l’a rappelé le Conseil d’État en 2018. La PMA a toujours été destinée à résoudre un problème de stérilité d’origine médicale et non à venir en aide à une préférence sexuelle ou à un choix de vie. Avec la loi, la médecine n’aurait plus seulement pour vocation de soigner mais de devenir aussi une prestation au service du désir individuel.

En outre, la loi prévoit que la prise en charge de la PMA pour les femmes seules ou en couples sera remboursée par l’assurance maladie : c’est un détournement de la finalité de la sécurité sociale, qui va en outre aggraver les déficits sociaux !

 

        1. Mais pourtant l’extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes va répondre à leur souffrance de ne pas avoir d’enfant ?

Certes cette souffrance est réelle, comme elle l’est chez les couples hétérosexuels stériles. Mais peut-on résoudre la souffrance des couples de femmes ou des femmes seules en prenant le risque, comme le prévoit la loi, de créer d’autres souffrances, en privant délibérément des enfants de père et de lignée généalogique ?

Parce qu’en effet, dans le projet de loi, la mère de l’enfant ne sera plus seulement celle qui accouche : l’enfant n’aura pas de père mais il aura une ou deux mères selon le cas. Pour l’Eglise de France, il s’agit d’un double mensonge !

Ces dispositions nous interpellent, nous, chrétiens qui prions Dieu comme Notre Père ! Le pape François a eu des mots très forts sur l’importance du père (Amoris laetitia, La joie de l’amour 2016) : « Tout enfant a le droit de recevoir l’amour d’une mère et d’un père, tous deux nécessaires pour sa maturation intégrale et harmonieuse…».

 

        1. Mais justement, la levée de l’anonymat sur les dons de gamètes va permettre aux enfants de connaître leur géniteur…et puis, c’est une forme de générosité que ce don de gamète, n’est-ce pas ?

Générosité du don de gamètes…oui, sans doute mais attention ! On manque déjà actuellement de sperme pour les couples stériles d’hommes et de femmes…Avec l’ouverture de la PMA, ce manque va s’accentuer : il faudra donc s’en procurer à l’étranger où le don de sperme est rétribué…Cela reviendra donc à remettre en cause, insidieusement, un principe fort de notre bioéthique en France qui est le refus de la marchandisation du corps humain : actuellement on ne peut vendre son sang, son sperme, ses ovocytes, ses organes, on ne peut louer son ventre pour enfanter à la place d’une autre.

Quant à la levée de l’anonymat sur les dons de gamètes, elle permettra peut-être, pour certains enfants, d’accéder à leur origine. Mais n’est-ce pas paradoxal de permettre l’accès à la connaissance de son origine au moment même où l’on supprime le lien charnel entre le père et l’enfant ? Là encore la loi apparait comme un bricolage hâtif.

 

Bioéthique : Message de Mgr Carré  

(LETTRE INFOS, Eglise Catholique de l'Hérault, N° 185, 02 Octobre 2019)

Le projet de loi sur la bioéthique, actuellement discuté au Parlement, soulève des questions graves.

Permettez-moi de reprendre, en les faisant miens, quelques-uns des propos tenus par Mme Pascale Vidal, psychanalyste, « L’amour engendre la vie, mais il se conjugue très mal avec "je veux". Jésus n’a jamais dit : "je veux". Que nous arrive-t-il avec ce "je veux un enfant" (cf. Midi Libre du 29 septembre) ».

La volonté clairement affichée d’avoir un enfant à tout prix, en empruntant pour cela des voies qui ne sont plus celles de l’acte d’amour entre un homme et une femme, fait-elle place au « droit de l’enfant » à naître avec un père et une mère ?

« Tout ce qui enlève du tiers dans l’avènement de la vie, qu’il s’agisse du père, voire de la mère, met en péril le futur. Le tiers est le garant de l’espace nécessaire pour que chacun grandisse » écrit encore Mme Vidal.

Il est regrettable que les avis d’experts, psychologues et psychanalystes, ne soient pas davantage pris en compte.

Nos sociétés occidentales semblent avoir perdu la notion de limites. On pense que si un acte est techniquement possible, il doit pouvoir être réalisé sur la personne humaine.

Mais où est la protection des personnes les plus fragiles que sont les enfants ?

Où est le principe de précaution si facilement mis en avant en d’autres domaines ?

D’autres points devraient être abordés : la recherche sur l’embryon humain, la sélection prénatale intensifiée, la nécessité de promouvoir une politique de santé publique et de recherche portant sur les maladies rares, le besoin de valoriser la place des personnes handicapées.

Soyons vigilants et osons faire entendre notre voix !

+ Pierre-Marie Carré          Archevêque de Montpellier